D'histoire en histoires

  • 15 août 1769, naissance à Ajaccio de l'homme qui enfuma les crédules Genevois

    Boizot_Bonaparte-General_MLi.jpg15 août 1769, naissance il y a 250 ans de Napoléon Bonaparte à Ajaccio. Aujourd'hui, Napoléon ne passionne plus grand monde à Genève. Toutefois, les historiens et les amoureux de l'histoire genevoise se souviennent que celui qui n'était encore que le général Bonaparte, a enfumé les Genevois lorsqu'il s'est arrêté à Genève les 21 et 22 novembre 1797 après la signature du traité de Campo-Formio en Vénétie mettant fin à la guerre entre la France et l'Autriche. Il a superbement berné les Genevois en les rassurant quant à leur indépendance et en leur disant "qu'une République de 30 000 âmes était aussi respectable à ses yeux qu'une de 30 millions." Bonaparte était alors en route pour le congrès de Rastatt dans le Bad -Wurtemberg en faisant après Genève, étape à Lausanne, Morat, Berne Soleure et Bâle. Le journaliste Pierre Grellet a consacré en 1946 un ouvrage caustique détaillant ces événements  intitulé "Avec Bonaparte de Genève à Bâle".

    Les Genevois ont cru le vainqueur d'Italie et mal leur en a pris puisque le 15 avril 1798 les troupes du Directoire envahissaient Genève, commandées, ironie du sort,  par un général d'origine genevoise, banni de la Cité en 1782, Jean-Pierre Girard. Genève perdit alors son indépendance devenant le simple chef-lieu de l'un des 130 départements français, celui du Léman. Une seule bonne chose dont se souviennent aujourd'hui les passionnés de politique genevoise ... depuis 1800 la ville fut administrée par un maire, deux adjoints et un conseil municipal. Bonaparte se souciait alors de Genève  comme de sa première chemise puisqu'il embarquait  à Toulon le 19 mai 1798 en route pour l'Egypte.

    Seconde visite de Bonaparte alors Premier Consul à Genève : En 1800, devenu Premier Consul en route pour le Valais. Son armée se préparait à franchir le Grand Saint-Bernard pour surprendre les Autrichiens à Marengo. Il fit une étape à Genève du 9 au 12 mai et fut reçu fort aimablement. Son esprit était pourtant ailleurs même s'il prit le temps de recevoir tout le "gratin" genevois.

    Au cours des guerres de l’Empire, près d’un millier de soldats de Genève et du Département du Léman sont morts au combat ou ont été portés disparus, en Prusse orientale, en Russie ou en Catalogne, en défendant une cause qui n’était pas la leur. Tous les Genevois  ne furent pourtant pas opposés au nouveau régime et plusieurs d'entre-eux s'illustrèrent dans les armées de l'Empire dont Guillaume-Henri Dufour qui sera officier du Génie et qui défendit Corfou contre les Anglais, Jean-Louis Sabon, chef de musique dans la Grande-Armée, Jean-Louis Rieu,  qui servit dans l'artillerie de marine à Brest et enfin dans l'artillerie avant de faire  la campagne d'Allemagne et de finir  prisonnier de guerre en Lituanie et  en Russie. Jean-Louis Rieu fut  ensuite quatre fois Premier Syndic à Genève entre 1834 et 1840. 

    Quant à  l'infortunée première épouse du général Bonaparte, Joséphine de Beauharnais, impératrice répudiée en 1809, elle tenta de se consoler chez nous en achetant  le château de Pregny où elle passa  un bel été en 1812. Ayez une pensée pour elle lorsque serez en ballade au chemin de l'Impératrice  !

    Ainsi va la vie.

    Claude Bonard

     

  • 15 août 1944, Provence, un débarquement méconnu

    Il y a 75 ans, le 15 août 1944, les alliés débarquent dans le Midi de la France par air et par mer. Ils investissent progressivement une zone couvrant un périmètre s'étendant en gros de de Cannes à Marseille. Au niveau historiographique, ce débarquement qui a lieu un peu plus de deux mois après celui de Normandie fut longtemps  mal aimé et rejeté au second plan médiatiquement parlant. Pourtant, stratégiquement, son importance fut déterminante pour les alliés, permettant de prendre en tenaille les unités allemandes stationnées en France et de remonter ensuite la vallée du Rhône avec succès et de poursuivre leur effort en direction de l'Alsace puis de l'Allemagne.

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  • Sauvetage du Plaza, une nouvelle qui réjouirait Phileas Fogg !

    J'ai de la joie dans le coeur ce matin en apprenant que "mon" Plaza est sauvé ! Ce lieu représente quelques moments magiques de mon enfance. Je me souviens notamment de la foule qui, en 1956, faisait la queue pour voir le film produit par Michael Todd "le tour du monde en 80 jours" avec une distribution de rêve : 


    David Niven : Phileas Fogg
    Cantinflas : Passe partout 
    Shirley Mc Laine : Aouda 
    Robert Newton : M Fix 


    et dans les "petits" rôles, excusez du peu, Fernandel , Martine Carol, Charles Boyer, Marlène Dietrich, John Carradine, Georges Raft, Sir Laurence Olivier et tant d'autres....

    1956, j'avais 10 ans mais je n'ai pas oublié et je pense chaque fois à ces instants merveilleux en passant "mon" Plaza.Plaza.jpg

    La Fondation Wilsdorf mérite aujourd'hui une nouvelle fois un grand coup de chapeau !

    Claude Bonard

  • Notre bon roi Gondebaud du Bourg-de-Four était un peu Polonais  !

    Lorsque je me trouve sur les bords de la Baltique, je me sens "chez moi" au même titre qu'à Genève. Suis-je tombé sur la tête me direz-vous ! Pas du tout car si je me réfère à l'excellent historien Justin Favrod, éditeur de la revue Passé simple, nos ancêtres les Burgondes, venus de l'île de Bornholm, aujourd'hui danoise, auraient ensuite séjourné au moins deux siècles, soit pas mal de temps, sur le territoire de la Pologne actuelle sur une aire délimité par la Vistule, la Warta puis l'Oder.

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  • En marge du sinistre 3 août 1934 – les effets pervers de la fuite en avant

    Hindenburg timbre face.jpeg A la suite du décès du maréchal von Hindenburg le 2 août 1934, Adolf Hitler s'arroge tous les pouvoirs en mettant en œuvre le second volet d'un processus implacable dont l'origine remonte à son accession au poste de Chancelier en 1933 bien que gardant pour une très courte période les apparences d'un vernis démocratique. C'est en effet par le biais d'un décret-loi que les charges de président et de chancelier du Reich sont fusionnées. A partir de ce funeste 3 août 1934, l'engrenage maléfique qui va mettre l'Europe à feu et à sang cinq ans plus tard est activé et le conflit programmé.  Dans son magistral ouvrage intitulé « Hitler 1936-1945 Némésis », l'historien Ian Kershaw démontre comment, au fil du temps depuis sa prise du pouvoir, le dictateur nazi , conduisit progressivement l'Allemagne à sa chute . « Quand l’ère des défaites commence, à partir de l’hiver 1942, Hitler choisit la fuite en avant. »

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