Jean-Jacques de Sellon, "père" de la Genève internationale

Dans son édition du 16 janvier 2020, la Julie publie un article relatif à l'activité des organisations internationales basées à Genève et à leur impact sur l'économie locale. Une Genève internationale source de vertes critiques voire de mépris chez les uns, qui fustigent le "Machin" à l'instar du général de Gaulle,  et appréciée  par nos autorités cantonales et fédérales  et les milieux qui ont à coeur que Genève reste l’un des principaux centres où se pratique en permanence la diplomatie multilatérale.  L'article  publié dans la Julie aujourd'hui me donne l'occasion de rappeler la mémoire d'une  figure genevoise qui a oeuvré très tôt au profit de la promotion et de la préservation de la paix dans le monde. Il s'agit de Jean-Jacques de Sellon (1782-1839) dont une rue porte le nom à proximité du parc des Cropettes. Né dans une famille huguenote ayant fui la ville de Nîmes lors de la révocation de l'Edit de Nantes, il  est le fils de Jean, seigneur d'Allaman, dont le château est encore visible aujourd'hui. Héritier fortuné, il peut donner libre cours à ses passions et va beaucoup voyager. Napoléon 1er fera même de lui un chambellan. A la mort de son père, il s'installe à Genève dans l'hôtel familial au 2 de la rue des Granges, aujourd'hui Fondation Zoubov. Visionnaire, il se passionne pour la cause de l'abolition de la peine de mort et rédige aussi de nombreuses brochures  consacrées à la promotion de la paix dans le monde. En 1830, il fonde une « Société de la Paix » et publie un journal intitulé « Les Archives de la société de la paix à Genève » sur le modèle du « Herald of peace » de Londres. A l'occasion d'une conférence internationale réunissant en 1843 à Londres les représentants de ces mouvements, il fut décidé d'adresser un courrier à tous les gouvernements civilisés pour les persuader d'introduire dans les traités de paix ou d'alliance une clause par laquelle ils s'engageraient en cas de dissentiment à accepter la médiation d'un tiers désintéressé. Une démarche novatrice pour ne pas dire révolutionnaire qui peina à atteindre son but même si En France, le roi Louis-Philippe y fit bon accueil en répondant : « La paix est le besoin de tous les peuples, et, grâce à Dieu, la guerre coûte beaucoup trop aujourd’hui pour qu’on s’y engage souvent, et je suis persuadé que le jour viendra où, dans le monde civilisé, on ne la fera plus. » Il faudra attendre la fondation de la Croix-Rouge, la signature des Conventions de Genève puis, après les ravages de la Première Guerre mondiale, la création de la Société des Nations et enfin, après la Seconde Guerre mondiale celle de l'Organisation des Nations Unies pour voir les idées de Jean-Jacques de Sellon se concrétiser. Pour la petite histoire, notre héros était aussi un admirateur inconditionnel de Jean Calvin et il se lamentait de voir qu'aucun monument ne rappelait sa mémoire à Genève. Aussi, c'est dans son jardin, sur la terrasse de son hôtel particulier de la rue des Granges, qu'il fit ériger un monument funéraire honorant la mémoire du Réformateur.

Claude Bonard

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Sources  : http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F26552.php

http://www.ge.ch/zoubov/hotel_sellon.asp

Lettre du roi Louis Philippe : http://herve.dequengo.free.fr/Molinari/GDG/GDG_3_B.htm

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