D'histoire en histoires

  • Noël, c'est dans sept mois jour pour jour ...

    Noël, c''est dans sept mois jour pour jour ..... et je crains fort que le geste tendre figurant sur cette belle illustration soit hélas  interdit en décembre ! .... et que les fêtes de Noël 2020 soient très différentes de celles de 2019. Alors, faites en sorte mes cher amis que les cadeaux venant du coeur soient appréciés dès aujourd'hui, jour après jour. N'attendez pas le 25 décembre. Un sourire, un oeil pétillant .... tout est bon . Un gentil mot sur les réseaux sociaux, par courriel ou MPère Noël.jpgessenger, ou tout autre réseau social aussi ! Faites que chaque jour soir un jour de fête, même virtuel et réjouisse vos proches, vos amis d'ici ou d'ailleurs ! c'est autant de gagné sur ce satané virus et sur la deuxième vague annoncée. Je ne suis pas de ceux qui sautent comme des cabris depuis quelques semaines en disant " hourrah ! la vie d'avant reprend ! soyons positifs ! ne nous laissons pas envahir par la peur" ! et qui laissent croire que les inquiets sont des nuls.  La question n'est pas d'avoir peur ou non. La peur est mauvaise conseillère. Je leur accorde ce constat. En revanche, la notion de responsabilité s'impose. A mes amis qui pensent ainsi et dont je respecte le point de vue, je rétorque : si nous n'y y prenons pas garde, nous payerons la facture de cet aveuglement positif dans deux mois ... ou trois ... ou quatre. Faisons en sorte que, dans nos coeurs et nos messages, via nos téléphones, nos rencontres, le père Noël soit là, dès aujourd'hui, car chaque jour qui nous est offert sans virus est un cadeau.... et ça doit durer jusqu'au 25 décembre ... et bien sûr après.

    Manque de vaccin oblige, notre comportement doit être celui de personnes responsables. Mon sentiment est encore renforcé lorsque je vois le comportement des gens après une semaine de déconfinement, à Genève  et ailleurs, n'en déplaise à tous les insouciants et les "positifs" qui semblent avoir le vent en poupe, sur deux roues surtout, sans respecter les distances de sécurité et transgressant les directives en matière de rassemblement. Je leur concède toutefois une chose. L'espoir fait vivre. Oui mais alors à une condition, dans le respect d'autrui. .... On en reparlera en décembre .... D'ici là, portez vous bien et que ce soit Noël tous les jours ! Avec sept mois d'avance, le père Noël vous salue bien .... en souhaitant que ses rennes  évitent la seconde vague.

    Claude Bonard

  • Léman Express, Cornavin dans une autre vie

    Depuis hier, j'ai dévoré l'ouvrage rédigé par l'historien Christophe Vuilleumier avec la collaboration de M. Gérard Duc aux éditions Slatkine. Un livre qui m'a rappelé de nombreux souvenirs que j'ai envie de partager avec  vous. Souvenirs d'enfant tout d'abord, ayant habité depuis ma naissance jusqu'à mes vingt ans en 1966 à la rue Fendt 6. Une ruelle lépreuse aujourd'hui, située juste derrière la gare Cornavin. Je me souviens de l'impression que me faisaient les bielles fumantes des locomotives à vapeur, ces monstres noirs suivis de leur tander chargé de charbon. Je me souviens aussi de ces chevaux tristes et fatigués qui tiraient les chars qui attendaient les marchandises derrière  la gare. Les manutentionnaires avaient des mines et des accoutrements dignes de ceux des héros de la série "Peaky Blinders". Il y avait aussi une forge fumante à la rue Montbrillant où l'on prenait soin des sabots des  équidés travaillant dur dans le quartier. Cette forge devint plus tard un lieu de rendez-vous pour les mauvais garçons et les adolescents en goguette, la brasserie Sankt Pauli. Puis vint le temps de l'école. Ayant fait toutes mes classes primaires à l'école des Cropettes, je découvre en lisant le livre signé Christophe Vuilleumier et Gérard Duc que nous avons échappé à un projet de gare dans le magnifique parc de Beaulieu en 1913. Ces pages  évoquent  aussi l'ancienne gare aux marchandises. Je me revois avec mes camarades de l'Ecole des Cropettes sur le quai, prêt à embarquer dans un train spécial pour Berne le 29 octobre 1958 à l'occasion de l'inauguration de la locomotrice AE6/6 "Genève"..... En sautant les chapitres, je suis arrivé  aux pages intitulées "Itinéraire d'un projet politique". Comme secrétaire général de la Chancellerie d'Etat de 2000 à 2010, j'ai eu le privilège d'assister aux côtés de M. le Chancelier d'Etat à toutes les séances du Conseil d'Etat dont celles au cours desquelles le projet du CEVA a été discuté. Plusieurs pages de ce livre passionnant sont consacrées à cette émouvante période. Et maintenant, âgé de 74 ans et Covid-19  oblige, je me rends compte que je n'ai pas encore pu découvrir une seule gare du CEVA... pardon ... du Léman Express. Un pan entier de Genève que je ne connais pas ..... j'ai envie de dire : pas encore ! ...

    Claude BonardCEVA Vuilleumier.jpg

  • Allons-y-chochotte !

    En prenant connaissance de l'article de la Julie consacré à la diète climatique proposée à Piogre par les Verts dont les potions sont énumérées dans un rapport commandé à l'association Noé 21,
    je lis notamment cette phrase concernant la limitation de la température à 19 degrés dans les logements : «On peut envisager plus chaud dans les EMS, mais la majeure partie de la population peut supporter cela si on lui parle d’adulte à adulte ( ...) La période du coronavirus montre à quel point nous sommes capables de nous adapter: nous ne sommes pas si chochottes!» Cette phrase m'ouvre les yeux ! .. tiens, jusqu'à aujourd'hui, 74 ans au compteur, personne ne m'a parlé d'adulte à adulte dans la vie. Et je ne m'imaginais pas que je serais affublé un jour du qualificatif de chochotte ! Grâce à Noé et dans mon semi-confinement, si ! si ! ça existe encore car le Covid-19 est toujours présent pour ceux qui l'auraient oublié, notamment du côté de Plainpalais,  je découvre que je suis chochotte. En effet,  l'âge et quelques bobos venant, j'avoue humblement me sentir plus à l'aise avec une température de 20 ou 21 degrés à l'intérieur de mon habitat. Donc, si je comprends bien, Noé, m'a mis au ban de son arche. Selon lui, en dessus de 19 degrés on doit être jeté aux requins ... du moins à ceux qui n'ont pas eu la chance d'être accueillis dans l'arche puisqu'on   estime à seulement 16'000 le nombre d'animaux acceptés dans l'entrepont de cet auguste navire. Tant  qu'à faire,  je me requinque le moral en écoutant  une chanson écrite en 1905 par le compositeur Erik Satie (1866-1925) intitulée "allons-y Chochotte".  En l'écoutant, je me réconcilie avec la vie.Chochotte.jpeg Il s'agit d'une chanson un peu verte, ce qui ne devrait pas déplaire à Noé. Et j'oubliais, Erik Satie a aussi composé en 1893 un air intitulé "Vexations" ... un terme pas chochotte pour deux roues, Noé me l'accordera mais qui me semble bien en phase avec l'actualité.

    Claude Bonard

    Pour écouter la chanson "Allons-y chochotte" : https://www.youtube.com/watch?v=ATXlFchG_1Y

  • 1936, le front de Morges pèse sur la politique polonaise

    Le 12 mai 1926 à Varsovie, le maréchal Jozef Pilsudski, l'un des pères de l'indépendance retrouvée de la Pologne en 1918 irrité par l’instabilité permanente des gouvernements de la jeune Polognedéclencha  un coup d’Etat militaire. Le 13 mai au soir, le président de la République Wojciechowski donnait sa démission et les combats cessèrent.  Au cours des jours qui suivirent, on assista à une valse des portefeuilles et à une restructuration totale des structures de l’Etat. Mettant en oeuvre une politique dite de « sanacja », soit « d’assainissement moral », Pilsudski prit le portefeuille de Ministre des Armées, n’éprouvant aucun besoin d’être un dictateur. Contrairement aux attentes d’une part importante de la population, il ne brigua pas la charge de Président de la République. Après ce  putsch, l’opposition au régime de la « Sanacja » fut très active depuis la Suisse, grâce à ce que l’on a appelé le « Front de Morges », regroupé autour de la figure emblématique du premier président de la République de Pologne, le pianiste Ignacy Paderewski, dont la résidence de Riond-Bosson à Morges constitua un centre de réflexion politique qui tenta d’avoir une influence sur la vie politique polonaise.  Le 6 mars 1936, les généraux Sikorski et Haller ainsi que le leader du parti paysan Wincenty Witos vinrent à Riond-Bosson  et jetèrent les bases d’une opposition crédible capable de se faire entendre en Pologne. On retrouvait ainsi au sein des opposants quelques figures emblématiques de l’armée polonaise restés « légalistes » après le putsch du 12 mai 1926 dont les généraux Haller et Sikorski, futur chef du gouvernement polonais en exil à Londres disparu lors du crash pour le moins curieux de son B 24 au décollage de Gibraltar en 1943 et Pilsudski CB.jpg le colonel Anders , futur général et vainqueur de la bataille de Monte-Cassino en 1944.

    Claude Bonard 

  • L'incroyable popularité de Charles de Gaulle en Pologne

    En ce 9 mai, il me semble approprié de parler du général de Gaulle et de sa popularité en Pologne. Le visiteur parisien qui connaît bien le monument du général de Gaulle situé sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris de Gaulle Varsovie .jpegsculpté par Jean Cardot, sera surpris de trouver à Varsovie une statue identique, sortie du même moule érigée sur un rondeau portant le nom du général. Ce visiteur va dès lors se demander au nom de quoi de Gaulle est si populaire en Pologne. Il y a deux raisons. La première remonte à la la guerre polono-bolchévique de 1920. La France avait envoyé à Varsovie une Mission militaire chargée de conseiller et de soutenir l'état-major de l'armée polonaise tout juste reconstituée après l'indépendance retrouvée du pays en 1918. Le capitaine Charles de Gaulle tout juste sorti de captivité et désireux de reprendre sa carrière et de gagner de l'avancement  a fait partie de cette Mission. Son bureau est toujours conservé à l'Académie des Sciences Militaires de Rembertow près de Varsovie. Pendant ses rares moments libres, de Gaulle, gourmand, aimait à se rendre à la pâtisserie-confiserie Blikle (d'origine suisse), pour y déguster sa gourmandise favorite, les pączki , beignets recouverts d'un glaçage au sucre, fourrés à la confiture de fraise.  Il passait ses rares  moments de détente entouré de belles et distinguées jeunes femmes de la noblesse polonaise.
    La seconde raison de sa popularité en Pologne remonte à 1967 où il fut le premier chef d'Etat d'Europe occidentale à se rendre en voyage officiel en Pologne communiste.

    Claude Bonard

    Sources et références :