D'histoire en histoires

  • 1787-1789, le séjour fantasque du père de la reine Victoria à Genève

    Le 19 octobre 1781, Lord Cornwallis capitulait  en Virginie, à Yorktown face à Washington, La Fayette et Rochambeau. Cette victoire fut déterminante dans le déroulement de la guerre d'indépendance américaine. La correspondance  vu vaincu de Yorktown a été rééditée  par l'éditeur "Cambridge University Press." A la page 32 de cet ouvrage, il est fait allusion au jeune prince Edward, Duke of York et à son séjour genevois. J'ai eu envie d'en savoir un peu plus  :
     
    Édouard-Auguste duc de Kent et Strathearn est né le 2 novembre 1767 au palais de Buckingham. Il fut le quatrième fils du roi George III et le père de la reine Victoria. Sa jeunesse fut plutôt mouvementée. Après avoir été étudier à Hanovre, le roi Georges III l'envoya à Genève en 1787 en compagnie  du baron Wangenheim. Edouard-Auguste y mena une vie plutôt dissipée. Edouard-Auguste Il fréquenta aussi les cercles maçonniques. Le 5 août 1789 il fut initié dans la loge genevoise "Union des Coeurs". A la même période, probablement au château de Gilly près de Rolle, Il fit la connaissance par l'entremise d'Auguste de Vasserot de Vincy de la jeune et belle Alphonsine-Thérèse-Bernardine-Julie de Montgenêt de Saint-Laurent, compagne du baron de Fortisson. Ce fut le début d'une intense histoire d'amour et d'une liaison durable malgré les avatars de la vie. Mécontent de cette  situation,  le roi Georges III "expédia" son fils à Gibraltar pour y prendre le commandement d'un régiment. Julie de Saint-Laurent suivit son amant à Gibraltar puis au Canada. Leur liaison dura vingt-huit ans. Et dire que cette histoire a commencé à Genève. Je serais intéressé de savoir si nos Archives d'Etat conservent des traces du séjour genevois d'Edouard-Auguste de Kent de 1787 à 1789.
     
     
    Portrait du duc de Kent par Thomas Gainsborough :  Wikipedia (d.r.) 
    Peut être une représentation artistique de 1 personne et fraise
     
     
     
     
     

  • 15 octobre 1582 Genève "fait la nique" au pape Grégoire

    Grégoire XIII.jpegLa date du 15 octobre 1582 marque la  naissance du calendrier grégorien à l'initiative du pape Grégoire XIII. L'idée était de corriger les dérives du calendrier julien par rapport à l'année solaire en s'appuyant sur les travaux  les plus récents des astronomes de l'époque. L'année 1582 fut ainsi raccourcie de 10 jours  le lendemain de jeudi 4 octobre qui est ainsi devenu le vendredi 15 octobre. Mais comme  à Genève nous ne faisions rien comme les autres, Réforme protestante oblige,  et comme nous l'apprend le Dictionnaire Historique de la Suisse, Genève attendit l'année 1701 pour l'adopter. A l'aune de ce nouveau calendrier, la nuit du 21 au 22 décembre est donc  la plus longue de l'année. Et suivez mon regard, ce fut celle de l'Escalade, que l'on célèbre en toujours en fonction du calendrier julien, à savoir du 11 au 12 décembre pour les Genevois de 1602, soit la nuit du 21 au 22 décembre selon le calendrier grégorien.
     
    Pourquoi en 1701 ? tout simplement parce que les Genevois ont enfin suivi les exemples des cantons et territoires protestants de Zurich, Berne, Bâle et Schaffhouse et Neuchâtel qui s'alignèrent sur les Etats protestants allemands.
     
    S'agissant de la commémoration de l'Escalade, les autorités genevoises de l'époque ayant estimé que la date  22 décembre était trop proche de Noël, elles décidèrent  d'en rester  au 12 décembre pour célébrer la nuit de l'Escalade.
     
    Claude Bonard 
     
     
    Site internet : jaimelesmots.com
    Lire : https://www.aly-abbara.com/utilitaires/calendrier/calendrier_hijir.html
     
    Illustration : Wikipedia(d.r.)

  • Paul Kruger, du Transvaal à Clarens

    Savez-vous que ce monsieur barbu avec son chapeau haut de forme a habité sur les bords de notre lac  ? ( de Genève bien sûr) ...  Il fut un personnage centrale de l'histoire, notamment en ce 11 octobre 1899, où l'État libre d'Orange et le Transvaal se trouvèrent en guerre avec l'Angleterre de la reine Victoria.
     
    J'avais sept ans en 1953 lors que mon grand-père Calame me parla de ce qu'il appelait "la guerre du Transvaal". C'est avec lui que j'ai appris qui était Stephanus Johannes Paulus Kruger, chef militaire et chef d'Etat Boer qui fut président de la République sud-africaine de 1883 à 1900. J'étais fasciné par cette histoire si bien racontée par mon grand-père. Kruger Wikipedia.jpeg A la fin de la guerre gagnée avec beaucoup de peine et beaucoup de brutalité par les Britanniques, Kruger fit le choix de l'exil. C'est finalement à Clarens, dans le canton de Vaud qu'il s'installa en 1904. Il y décéda le 14 juillet de la même année à à l'âge de 78 ans.
     
    Lorsque j'ai visité la Villa Kruger à Clarens il y a bien longtemps, elle contenait un petit musée dédié à sa mémoire. Ironie de l'histoire, aujourd'hui, cette villa historique semble avoir été convertie en pension "bed and breakfast" de luxe, une invention typiquement britannique ...
     
    Claude Bonard
     
    Illustrations : wikipedia (d.r.)

  • Pologne, les sobriquets des rois

    Les  rois  Francs et princes Carolingiens portaient souvent  des noms imagés et pittoresques,  par exemple Louis IV d'Outre- Mer dit parfois Outremer du fait qu'il s'était réfugié en Angleterre. J'observe que cette pratique était aussi très développée en Pologne à l'époque de la dynastie des Piast. Une lignée issue de la peuplade des Polanes installée aux abords du fleuve Warta, affluent de la rive droite de l'Oder. Une tribu slave dont le pays tire aujourd'hui son nom, Polanes voulant  dire “Piast.pngpeuple des plaines. Les ducs et rois Piast sont apparus aux environs de l'an 940 et ont gouverné la Pologne jusqu'en 1370. Plusieurs souverains de cette dynastie ont porté des noms amusants et familiers dont le fondateur de la lignée, Pierre le Charron. On trouve aussi :
    Boleslas l'Oublié
    Casimir le Restaurateur
    Boleslas Bouche -Torse
    Boleslas le Vaillant
    Ladislas le Banni
    Mieszko Jambes Mêlées
    Boleslas le Long
    Boleslas le Frisé
    Henri le Barbu
    Mieszko l'Obèse
    Boleslas le Chauve
    Boleslas le Pudique
    Lech le Noir
     
    Amusant non ?... je me demande ce que ça donnerait aujourd'hui si on affublait nos politiciens de sobriquets.....
     
    Claude Bonard
     
    Illustration : Wikiwand (d.r.)

  • Marc-Théodore Bourrit (1739-1819), un Genevois fascinant et attachant

    7 octobre 1819, décès Marc-Théodore Bourrit. Ce fascinant personnage était né à Genève le 6 août 1739. Originaire des Cévennes,  il s'est fortement impliqué à Genève dans la cause de la défense des Natifs, fils d'Habitants qui ne disposaient que de droits économiques restreints et d'aucuns droits civiques. Bourrit a d'ailleurs écrit une  passionnante "Histoire des Natifs". Marc-Antoine Bourrit avait de nombreuses cordes à son arc : il fut aussi chantre de la cathédrale Saint-Pierre, voyageur et alpiniste. Dessinateur de talent, il  illustra les beautés naturelle de la vallée de Chamonix et du Mont-Blanc. Ecrivain de la montagne, il publia plusieurs ouvrages dont une "Nouvelle description des glacières et glaciers de Savoie chez Paul Barde à Genève, MD CC LX XXV."
     
    En 1989, son descendant, Monsieur Pierre Bourrit  lui consacra chez "Tribune Editions" un magnifique ouvrage. Bourrit.jpegUn hommage mérité car si  chacun connaît l'épopée d'Horace Bénédict de Saussure qui  atteignait le sommet du Mont-Blanc le 3 août 1787, on a un peu oublié  l'oeuvre et les exploits de l'attachant Marc-Théodore Bourrit.
     
    Claude Bonard
     
     

    Source : https://doc.rero.ch/record/22315/files/fb_960.pdf

    Portrait : Wikipedia (d.r.)