• "On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre". (Jaurès)

    Novembre est traditionnellement, notamment chez les Anglo-Saxons  le mois qui  incite à ne pas oublier celles et ceux qui ont donné leur jeunesse sur les champs de bataille pour que nous ayons pu vivre la nôtre. Et pourtant, notre monde est loin d'être en paix. On recense aujourd'hui sur notre globe près de 30 guerres ouvertes ou larvées, insurrections et rébellions de tous ordres, sans compter le terrorisme qui tisse sa toile un peu partout. Des conflits qui entraînent leur lot de destructions de déplacements de populations et de souffrances pour les victimes, et notamment pour les enfants, les femmes et les personnes âgées.

    Alors, aux va-t-en guerre de tous horizons, au Kurdistan, en Syrie, au Yemen, en Ukraine , au Sahel, en Afghanistan ou ailleurs, je dédie en ce début novembre 2019 cette maxime de Jean Jaurès : "On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre". C'est pourtant simple à comprendre ... non ? 

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    Claude Bonard

  • Genève, le football genevois et les suites de l'insurrection hongroise du 23 octobre 1956

    Conséquences imprévues de la tragique insurrection hongroise de 1956, l'équipe nationale junior de football de Hongrie va rester bloquée en Suisse. Trois jeunes joueurs hongrois talentueux vont rester durablement chez nous et faire un peu plus tard le bonheur du FC Servette qui sera champion suisse de 1960 à 1962 grâce notamment à ces trois incroyables jeunes  magyars ayant pour nom Valer Nemeth, Didier Makay et Peter Pazmandy. Ils vont écrire les plus belles pages de l'histoire du Servette pendant plusieurs années. Tout Genève - dont moi ayant 14 ans à l'époque - venait les voir jouer au stade des Charmilles. Une intégration réussie  alors que notre canton avait Servette 1960.jpgaccueilli les Hongrois à bras ouverts malgré les affres de la guerre froide.

    Claude Bonard 

    Crédit photographique : livre de Gérald A Piaget, éditions Le Pavé, 25 ans de football avec Jacky Fatton, 1963

  • Elections législatives polonaises - le manque d'anticipation de l'opposition centriste libérale se paie cash !

    Il ne fallait pas être grand clerc pour deviner l'issue des élections législatives polonaises après une campagne dure voire  hargneuse. Un résultat sans appel qui sanctionne notamment une opposition centriste libérale ko debout, qui devra vraiment faire son introspection. Elle qui a eu pour seule politique pendant la précédente législature "l'opposition totale" sans rien proposer de concret. Une opposition libérale amorphe et sans idées qui s'est perdue en querelles de clocher, nouant des coalitions  au dernier moment. Le parti "Droit et Justice" (PIS), conservateur, nationaliste et eurosceptique  sort vainqueur de ces élections, On l'apprécie ou non mais force est de constater que ce parti adepte de la démocratie illibérale  respecte une discipline de fer, en ordre de marche derrière son leader incontesté, M. Jarosław Kaczynski. Au cours de la campagne, le PIS a toujours eu un coup d'avance et surtout des idées, dont un programme social fort, soutenu par l'Église catholique de Pologne, elle aussi très conservatrice. Un PIS au pouvoir depuis quatre ans avec une majorité absolue, détenant de ce fait  tous les leviers du pouvoir, en ayant les médias nationaux à disposition et aussi les leviers monétaires et économiques. Mais l'essentiel est ailleurs. La botte secrète du PIS est  à mon sens d'avoir anticipé en formant depuis quatre ans une relève politique formée de jeunes loups redoutablement efficaces. Une relève qui s'en est allée depuis plusieurs mois battre la campagne en délivrant le message du parti dans les zones les plus reculées et les moins favorisées du pays alors que l'opposition centriste libérale était " aux fraises" et ne voyait rien venir. On aime ou on n'aime pas ... mais ce rouleau compresseur a laminé cette opposition sans âme, divisée et timorée. Une opposition centriste libérale qui n' a pas su former la relève et qui n'a pas vu ou voulu voir arriver le puck. Il y a là des leçons qui doivent être tirées dans le camp des perdants. A noter le retour des gauches dont les sociaux-démocrates dans le paysage politique polonais après une éclipse parlementaire de quatre ans. C'est une bonne nouvelle et c'est sain pour la démocratie. La question de savoir si le PIS disposera de la majorité absolue à la chambre basse, la Diète (Sejm)  semble être tranchée. S'agissant du Sénat, les partis d'opposition ont repris la majorité à deux voix d'écart, ce qui promet une législature mouvementée. Au plan des nouvelles moins réjouissantes, l'arrivée d'une extrême droite ultranationaliste constitue un signal qui doit être pris en compte avec attention pour éviter des lendemains qui déchantent. Le climat politique tel qu'il se caractérise à l'issue de ces législatives  laisse donc augurer des temps agités au moment de l'élection présidentielle de 2020, ce d'autant que si l'on fait le décompte de toutes les  voix obtenues dimanche par l'ensemble des partis d'opposition, on s'aperçoit   qu'ils dépassent le PIS en terme de suffrages obtenus. Curieusement pourtant, le PIS conforte sa position, restant  majoritaire en termes de sièges obtenus en vertu d'un mode de calcul assez byzantin dont la logique échappe au commun des mortels ...

    Affaire à suivre donc  ...

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