Du pain et des jeux au cours des jours sombres

Le 20 avril 1941 à Berne l'équipe des grands blonds aux yeux bleus du Reich tout puissant s'est fait humilier par l'équipe de la "petite" Suisse. Un crime de lèse-majesté., ironie du sort, le jour même de l'anniversaire du Führer de la grande Allemagne. Quel manque de savoir-vivre ! Une bravade qui aurait pu coûter cher. Cette photo de la tribune officielle au stade du Wankdorf à Berne au moment des hymnes nationaux en dit long sur la morgue des prétendus maîtres du monde faisant le salut hitlérien aux côtés du Conseiller fédéral Karl Kobelt et du général Henri Guisan qui semblent bien seuls au milieu des diplomates germaniques aux bras levés. Du pain et des jeux, ça ne dure qu'un temps. Demandez aussi, bien plus tard, aux habitants de Sarajevo ce qu'ils en pensent... eux qui inauguraient un stade tout neuf en 1984 à l'occasion des Jeux Olympiques d'hiver et qui se terraient sous les bombes, ciblés par les snipers, huit ans plus tard alors que leur cité devenait une ruine au cours d'un siège meurtrier. Sans même parler du stade flambant neuf de Donetsk à l'occasion de l'Eurofoot 2012 qui n'est plus qu'un enchevêtrement de poutrelles calcinées et tordues au coeur d'une zone de guerre. Et aujourd'hui, alors que le monde du sport est assommé par le Covid-19, on assiste à des comportements divers de la part de certaines stars du football mondial. Certains joueurs se portent volontaires pour soutenir les structures de soin dans leur pays ou leur ville, d'autres offrent spontanément de grosses sommes en faveur de la lutte contre le virus et d'autres enfin, moins glorieux, refusent une basse de 15 % sur leur faramineux salaire, suggérée par leur club en cette période de disette. Bref, une belle fresque qui illustre un chapitre, certes mineur de la comédie humaine qui se joue dans nos vies depuis l'irruption de ce satané virus.

Claude BonardMatch 20 avril 1941.jpg

Les commentaires sont fermés.