Un déserteur genevois s'empare de la Bastille le 14 juillet 1789

Depuis 1880, en France, le 14 juillet est jour de fête nationale. Cette date rappelle la fête de la Fédération du 14 juillet 1790, jour d'union et de fraternité entre toutes les classes sociales et toutes les factions. Une unité de façade  qui ne va pas durer comme chacun sait. Mais dans l'inconscient collectif, c'est la date du 14 juillet 1789, celle la prise de la Bastille qui a marqué les esprits. Chez nous, peu nombreux sont ceux qui se souviennent que c'est un déserteur genevois, forte tête et mauvais garçon qui fut à la tête de la populace qui s'empara de la Bastille. En 1812, toujours à Paris, il sauva le régime de Napoléon alors en Russie. Sans ce déserteur genevois peu fréquentable, la Bastille n'aurait pas été prise et  sans lui, 23 ans plus tard, en 1812 l'Empire se serait peut-être écroulé en pleine campagne de Russie ...

Qui était ce personnage peu fréquentable ? Hulin.jpegPierre-Auguste Hulin, sous-officier (fourrier) enrôlé à Genève au sein du Régiment de la République, troupe soldée créée en 1783, déserta et quitta Genève en 1785. Devenu Garde suisse, il fut congédié et vécut chichement à Paris comme employé de buanderie. Forte tête, Hulin adhéra aux idées de la Révolution. C'est lui qui s'empara des canons aux Invalides et marcha ensuite à la tête des émeutiers sur la Bastille pour s'emparer de la forteresse ! Il fit ensuite une belle carrière militaire et sauva notamment l'Empire lors de la conspiration du général Malet en 1812. Devenu général et comte d'Empire. Hulin commandait alors la place de Paris. En pleine tentative de coup d'Etat, Malet tira à bout portant sur Hulin et une balle lui traversa la joue, d'où son surnom depuis lors de "Général bouffe la balle".

Claude Bonard

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