Röstigraben à la Polonaise

Ce soir, Monsieur Andrzej Duda, président de la République sortant, porteur de la  révolution conservatrice * initiée depuis cinq ans  par M. Jaroslaw Kaczynski, président du parti Droit et justice (PIS) est réélu pour un second mandat  avec 51,03% des suffrages. Son challenger, M. Rafał Trzaskowski, maire de Varsovie, candidat de centre-droit, porteur d'une politique d'ouverture et de tolérance est battu, récoltant 48,97% des suffrages. Avec un taux de participation à faire pâlir en Suisse, 68,1%  dans les locaux de vote, ce qui mérite d'être souligné. Avec ce résultat, la Pologne est, pour cinq ans de plus, un pays coupé en deux politiquement et géographiquement parlant, avec deux camps irréconciliables, deux visions du pays et de son avenir. Des fractures qui se répercutent aussi dans les familles et au sein des amis. Parler politique est tabou pour éviter les querelles. Un multiple Röstigraben  coupe la Pologne en deux : un premier entre grandes agglomérations, villes moyennes et milieu rural, un second entre ouverture et conservatisme, un troisième entre tolérance et intolérance, un quatrième entre démocratie et autoritarisme, un cinquième entre les générations.  Le peuple a parlé, dont acte. Frédéric Chopin a écrit un magnifique prélude de la goutte d'eau (prélude opus 28 no 15). Ce soir,  je parlerais plutôt de prélude de la larme.

Claude Bonard 

* qualificatif utilisé par le  correspondant du journal Le Monde à Varsovie

Illustration : Wikipedia (d.r.)

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