Qui se souvient du nom des négociateurs du traité de Saint-Julien ?

La date du 11/21 juillet 1603 est importante pour Grève puisqu'elle marque la conclusion du traité de Saint-Julien. Afin d’assurer sa sécurité après sa miraculeuse victoire de l'Escalade en décembre 1602, Genève s'est vue contrainte d’en appeler non seulement aux anciens alliés Bernois mais encore aux cantons confédérés. Bâle, Glaris, Soleure, Schaffhouse et Appenzell jouent ainsi un rôle diplomatique très actif et important dans la négociation aboutissant à la signature du traité. Sa signature n'a pas été sans de nombreuses discussions, difficultés et tensions préalables entre les parties impliquant de nombreux interlocuteurs. La Diète des cantons suisses tout d'abord, saisie par Genève le 22 décembre 1602, quelques jours seulement après la nuit de l'Escalade. Des correspondances nombreuses furent échangées tant par les Savoyards que les Genevois avec la France, l'Espagne, l'Angleterre et le pape Clément VIII. Des missions diplomatiques furent envoyées aux quatre coins de l'Europe. Les négociations Saint-Julien 1603.pngdébutèrent en février 1603. Elles frisèrent la rupture à plusieurs reprises. Finalement, le 21 juillet ( 11 juillet selon l'ancien calendrier), le traité fut signé à Saint-Julien.

Aujourd'hui, peu nombreux sont ceux qui se souviennent du nom des diplomates qui furent à l'oeuvre à l'époque, raison pour laquelle je pense utile de les citer  ici * 

Négociateurs genevois : Les nobles et prudents Dominique Chabrey, Michel Roset, Sieur de Châteauvieux, et Jacques Lect, docteur ès droits et Seigneur de Confignon, tous trois anciens syndics et conseillers de ladite Ville de Genève, Jean Sarasin, docteur ès droits et conseiller au Grand Conseil  ** de ladite Ville et Jean de Normandie, docteur ès droits et conseiller au Grand Conseil  ** de ladite Ville et député d'icelle.

Négociateurs savoyards : Le Seigneur Charles de Rochette, seigneur de Donjon et de la Forêt, premier président de Savoie, et Claude de Pobel, baron de la Pierre et et chambellan de S.A., députés de ladite Altesse. Suivant … etc.

Représentants des Magnifiques et puissants Seigneurs des cinq louables cantons de Glaris, Bâle, Soleure, Schaffhouse et Appenzell, les Nobles et prudents ambassadeurs :

Glaris : Seigneurs Jean-Henri Schwartz, lieutenant, et Nicolas Schüler, Landeshauptmann.

Bâle : Seigneurs Jacob Götz et André Ryff, conseillers de ladite Ville.

Soleure : Seigneurs Pierre Sury, banderet, et Jean-Jacques de Staal, chevalier et boursier de ladite Ville.

Schaffhouse : Seigneurs Georges Mäder, bourguemestre et Henri Schwarz, docteur ès droits et conseiller de ladite Ville.

Appenzell : Seigneurs Ulrich Näf, Landamann, Jean de Heimen, chevalier Landamann et banderet, et Sébastien Thoring, aussi Landammann et banderet dudit canton.

 

Genève leur doit une fière chandelle. 

 

Claude Bonard

 

* Selon la liste qu'en donna M. Bernard Gagnebin dans son texte publié dans l'ouvrage intitulé L'Escalade de Genève 1602, Histoire et tradition publié à Genève par le comité du 350e anniversaire de l'Escalade de 1602 chez Alexandre Jullien :

** le Grand Conseil était à l'époque le Conseil des Deux-Cents.

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