• Omnicanalitairement vôtre

    En découvrant  dans la Tribune de Genève l'article consacré aux licenciements dans une chaîne de grands magasins bien connue,  il est question dans l'interview  du PDG de l'entreprise,  d'une démarche  qui s'inscrit dans une perspective "d'omnicanalité". 

    L'omnicanalité ... qu'est-ce encore  ? Pour paraître moins bête j'ai fait une petite recherche via internet. En cherchant bien j'ai trouvé  la définition suivante. Merci d'attacher vos ceintures :

    Concept qui traite de l'évolution du "retail" du modèle multicanal au modèle omnicanal, l'omnicanalité étant une évolution de la multicanalité qui requiert que tous les processus de la chaîne logistique soient envisagés afin d'améliorer l'expérience d'achat des clients".

    Fermez le ban ! ...  En d'autres termes un  concept qu'Arthur Rimbaud et Jacques Chirac auraient qualifié d'abracadabrantesque. 

    Je sens pour me changer les idées  et être dans la modernité que je vais commander mes prochains ustensiles de cuisine de façon omnicanalitaire avec  un Dafalgan en prime pour le mal de tête. Tout ceci pourrait prêter à rire s'il n'y avait pas des places de travail en jeu. 

    Omnicanalitairement vôtre,

    Claude Bonard

     

    Photo : Wikipedia (d.r.)

     

    le-penseur-de-rodin-vu-par-petits-pas-vers-lart-de-francetv-education.png

     

     

     

     

  • Provence 14-15 août 1944 : "Gaby va se coucher dans l'herbe, Nancy a le torticolis"

    Po-po-po-pom … ceci est un message codé : "Gaby va se coucher dans l'herbe, Nancy a le torticolis, le chasseur est affamé”. Dans la nuit du 14 au 15, août 1944 plusieurs milliers de parachutistes américains et anglais commandés par un jeune général de 37 ans, Robert Tryon Frederick , sont largués dans led ciel de Provence pour préparer le terrain. Du débarquement Parmi eux, le lieutenant-colonel Melvin Zais qui commandait le 3e bataillon du 517th "Parachute Combat Team". Il devait sauter près du Muy, son objectif était de se porter sur la Nationale 7 afin de sécuriser les zones arrières. Tout ne s'est pas déroulé comme prévu. Melvin Zais et ses hommes touchèrent le sol de France fort loin de leur objectif et se retrouvèrent perdus dans la nature près de Grasse. Les parachutistes du 517th avaient malencontreusement sauté en trois endroits différents et mirent plus de 36 heures pour s'orienter dans la nuit puis au lever du jour avant de faire enfin leur jonction. J'ai été en contact avec Melvin Zais dans les années 60. Le débarquement de Provence du 15 août 1944, moins connu des historiens que celui du 6 juin en Normandie, n’en a pas moins été d’une importance capitale pour les Alliés. Cette opération était stratégiquement déterminante, de sorte que les troupes débarquées dans le sud de la France constituent la seconde mâchoire de la tenaille venant «enfermer» les troupes allemandes occupant la France, la première mâchoire étant constituée par les troupes progressant depuis la Normandie. Stratégiquement toujours, il était vital pour les Alliés de disposer de nouvelles bases portuaires pour débarquer troupes et matériel sur les plages françaises, afin de libérer le pays puis de poursuivre la progression en direction de l’Allemagne.

    Grâce aux opérations conduites par les forces placées sous le commandement du général de Lattre de Tassigny, à partir de la fin du mois d’août 1944, les villes portuaires de Toulon et Marseille étant libérées assurèrent le transit journalier de quatorze divisions et 18'000 tonnes de ravitaillement en armes et matériel au prix de pertes sérieuses.

    Claude Bonard Para Provence.jpg

  • Sans sécurité aérienne crédible le rôle de la Suisse en matière de promotion de la paix est dangereusement fragilisé.

    27 septembre – OUI à la sécurité aérienne.

    La Suisse, et Genève en particulier, est l’un des principaux centres de la politique internationale où se pratique en permanence la diplomatie multilatérale. Lors de grands Sommets internationaux ( conférence Reagan-Gorbatchev, conférence sur la Palestine, Sommet Clinton-Assad par exemple), ou encore à l'occasion du suivi du Sommet mondial pour le développement social de Copenhague “Geneva 2000 Forum” et du Sommet du G8 d'Evian en juin 2003, Genève et la Confédération coopèrent étroitement et efficacement afin d’assurer la sécurité, notamment dans la troisième dimension. En effet, afin d'éviter toute intrusion aérienne inamicale par voie aérienne dans le périmètre situé à proximité du lieu d'une conférence ou négociation internationale  importante, le Conseil fédéral désigne généralement les zones interdites  en vertu de la Loi fédérale sur la navigation aérienne. La mise en vigueur d'une telle zone fait à chaque fois l'objet d'un NOTAM « messages aux navigants aériens ». Dans une région frontière telle que celle de Genève par exemple, le périmètre de telles zones est bien évidemment défini en collaboration avec les autorités françaises au plus haut niveau. L'ensemble du secteur de part et d'autre de la frontière fait ainsi l'objet d'une surveillance aérienne militaire étroite appuyée par des éléments  de défense sol-air adaptés à la situation. A titre d'exemple, en marge de l'exercice franco-suisse LEMAN 99  du 1er juillet 1999 à Genève, les états-majors des deux pays ont pu harmoniser leur position dans la perspective d'une coopération entre les deux armées de l'air en cas d'importante conférence internationale à Genève. La condition sine qua non d'une telle démarche, aujourd'hui comme hier, repose sur une crédibilité réciproque, les deux partenaires devant pouvoir s'appuyer sur des moyens aériens adaptés, modernes et performants. Dans la perspective du vote du 27 septembre prochain, les citoyens suisses doivent savoir qu'il y va de la crédibilité de la Confédération qui a réaffirmé encore récemment l’importance de la Genève internationale en tant qu’outil de sa politique de bons offices. A ce stade de coopération, si elle veut être crédible, la Suisse doit à l'évidence disposer d'une flotte aérienne militaire performante. Pour cette raison, je voterai OUI à la sécurité aérienne le 27 septembre prochain.

    Claude Bonard

  • 10 août 1792 : Louis XVI sacrifie ses Suisses aux Tuileries. Entre mythe et réalité

    Dans son "Récit de la conduite du régiment des Gardes Suisses à la journée du 10 août 1792", Charles Pfyffer d'Altishofen décrit les événements auxquels le régiment des Gardes Suisses allait être mêlé au cours d'une première quinzaine d'août mouvementée à Paris. Son témoignage est pourtant à prendre avec précaution du fait que selon l'historien Alain-Jacques Tornare auquel je me réfère, Pfyffer d'Altishofen n'étais pas à Paris lors des événements du 10 août lorsque le régiment des Gardes Suisses allait être décimé aux Tuileries en défendant le palais vidé de ses augustes occupants. Selon le Dictionnaire historique de la Suisse : "800 à 900 Gardes livrent un combat désespéré après avoir reçu l'ordre de résister. Le colonel Louis-Auguste-Augustin d'Affry, malade, et son état-major, qui a accompagné Louis XVI à l'Assemblée nationale, laissent le régiment sous le commandement de Jost Dürler. Le roi sacrifia les Suisses en leur ordonnant de rendre les armes en plein combat. Les révolutionnaires relèvent 300 victimes, tandis que, selon le rapport rendu le 12 novembre 1792 par d'Affry, environ 300 Suisses ont été tués aux Tuileries”. Le roi Louis XVI n'était pas le seul à être dépassé par les événements. Toujours selon Alain-Jacques Tornare, l'état-major des Suisses accompagnant le roi était aussi divisé quant à la conduite à adopter. Chacun connaît la teneur du billet griffonné à la hâte par Louis XVI ordonnant à ses Suisses de déposer les armes et de se retirer dans leurs casernes. Obéissants, les gardes se replièrent vers la place Louis XV (l'actuelle place de la Concorde). Ils furent bientôt encerclés, capturés, conduits à l'Hôtel de Ville. Les émeutiers envahirent les Tuileries et s'en prirent pêle-mêle aux gardes, restés sur place, aux serviteurs et fidèles du roi. A l'époque de la Restauration, lorsqu'il s'est agi de construire le mythe du 10 août 1792 et de glorifier le sacrifice des Suisses symbolisé notamment par le lion agonisant sculpté dans le rocher à Lucerne, personne n'a soufflé mot qu'a l'issue des événements, près de 300 gardes suisses survivants servirent dans les armées de la République de plus ou moins bon gré. On s'est aussi bien gardé de rappeler que deux ans plus tôt, en août 1790 à Nancy, le régiment suisse du colonel propriétaire genevois Jacques-André, marquis Lullin de Châteauvieux  (anciennement régiment suisse Stuppa ) s'était mutiné, travaillé par les idées révolutionnaires et revendiquant une meilleure solde. Ce soulèvement fut durement réprimé. Les mutins furent condamnés à mort par un conseil militaire issu des autres régiments suisses mais la sentence fut revue : 72 hommes furent emprisonnés ; 41 furent condamnés à trente ans de galère ; 22 furent pendus. Enfin, l'un des cinq membres du comité des rebelles, le Genevois André Soret fut condamné au supplice de la roue. En 1791, Collot d'Herbois en personne défendit les mutins condamnés aux galères et obtint leur réhabilitation. En 1792, après une marche de 25 jours depuis le bagne de Brest, ils arrivèrent à Paris où une « fête de la Liberté » fut organisée en leur honneur le 15 avril. Leur bonnet rouge de bagnard, assimilé par la population parisienne au bonnet phrygien et devint l'emblème de la République, Lion de Lucerne.jpgquatre mois avant les tragiques événements du 10 août aux Tuileries. Difficile à avaler pour tenants du mythe et de quoi faire rugir de dépit le lion de Lucerne.

     

    Claude Bonard

     

    Sources :

    https://www.letemps.ch/opinions/une-plaque-paris-gardes-suisses-tombes-service-louis-xvi

    https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1994_num_101_4_3534

    Dictionnaire historique de la Suisse (DHS)

    https://chadbourneantique.com/products/loi-relatif-aux-soldats-de-chateauvieux-1792

    https://www.herodote.net/10_aout_1792-evenement-17920810.php

  • Téflon, Kevlar ou Lycra... avec le bonjour d'Eleuthère Irénée du Pont, fils du député de Nemours 

    A propos du décès de Pierre Samuel du Pont le 7 août 1817 :

    Ah ! Monsieur Dupont, on vous trouve toujours là où on a besoin de vous ! “ aurait dit l'infortuné roi de France Louis XVI à son ami Pierre Samuel du Pont de Nemours et à son fils Eleuthère Irénée qui furent dit la légende, de ceux qui le défendirent  ainsi que la reine Marie-Antoinette au moment de l’insurrection parisienne d'août 1792. Eleuthère Irénée et son père échappèrent heureusement à la guillotine contrairement à leur roi et leur reine. Pierre Samuel du Pont, ami de Turgot, était un esprit des Lumières déjà connu  puisqu'il était l'un des initiateurs du mouvement  des Physiocrates, ce courant qui caractérisa bien avant la Révolution l'approche philosophique de l'économie. Outre différentes brochures de son cru, en mai 1768, il rédigea avec François Quesnay l'un des ouvrages fondateurs de la pensée physiocratique : Physiocratie, ou constitution naturelle du gouvernement le plus avantageux au genre humain. La physiocratie, première école économique des temps modernes s'est développée en France au XVIIIe siècle. Selon Jean Touchard, dans son Histoire des idées politiques parues aux Presses Universitaires de France en 1958, “la doctrine des physiocrates est un mélange de libéralisme économique et de despotisme éclairé   [...] leur pensée s'ordonne autour de quatre grands thèmes : la nature, la liberté, la terre, le despotisme légal” . Vous m'avez compris, les physiocrates sont des partisans inconditionnels de la monarchie et s'appuient sur elle pour propager leur doctrine En 1789, ça fait désordre. La Révolution française faisant son œuvre, Pierre Samuel du Pont, député de Nemours aux Etats Généraux, fidèle au roi Louis XVI sent progressivement le vent tourner. Il fait habilement le dos rond puis se décide tout de même à émigrer aux Etats-Unis en 1800 avec sa famille. Il s'établit tout d'abord à Rhode Island. Son fils Eleuthère Irénée, passionné de chimie et disciple du grand Lavoisier, lui aussi guillotiné le 8 mai 1794 à Paris, se lance alors dans la fabrication de poudre à canon. Il développe alors son entreprise qui se spécialise ensuite dans l'industrie chimique balbutiante en Amérique. C'est le début d'une saga qui va aboutir à la création puis à l'âge d'or de la maison Du Pont de Nemours si familière aux Américains...... et  aux Genevois.

    Claude BonardPierre Samuel Du Pont de Nemours.jpg