• En 1602, y avait-il des oies au bastion de l'Oye ?

    Dans trois semaines, les Genevois vont célébrer l'anniversaire de la "miraculeuse délivrance" de la nuit de l'Escalade du 11 au 12 décembre 1602 d'une manière particulière vu l'incidence maléfique de ce satané virus. Pour vous permettre de jouer en famille, je vous propose  aujourd'hui cette devinette à propos du Bastion de l'Oie - ou de l'Oye construit entre 1542 et 1543 dont la pointe se situait en 1602 à peu près où se trouve aujourd'hui la statue du général Dufour à la place Neuve. Petit rappel des faits emprunté au site internet de la Compagnie de 1602 : "A l’époque de l’Escalade, la ville bénéficie de deux lignes de fortifications dont le bastion de l’Oie joue un rôle primordial. En effet, sans celui-là, il aurait été impossible aux Genevois de tirer au canon…La nuit de l’Escalade, depuis le bastion de l’Oye, l’artillerie genevoise s’active et mitraille avec de la caillasse en direction du rempart afin de briser les échelles."
     
    Savez-vous quelle est l'origine du nom de de bastion ? ... c'est encore un mystère. Voici quelques éléments de réponse. En règle générale, tous les bastions et boulevards portent des noms de lieux, voire du quartier adjacent. Pourtant, s'agissant du bastion de l'Oye, les ouvrages traitant de la construction des fortifications de Genève n'indiquent pas  les raisons exactes de cette dénomination. Le "Vray discours de la miraculeuse délivrance envoyée de Dieu à la ville de Genève, le 12e jour de décembre 1602"  attribué à Simon Goulart fait état de canards qui se seraient envolés à proximité et qui ont failli donner l'alerte. A nulle part il n'est fait question d'oies sinon dans le magnifique Jeu de l'oie illustré par Exem édité par la Compagnie de 1602. Les anciennes descriptions font douter de la présence d'oies domestiques dans le fossé. Il est aussi hasardeux de croire qu'il y a eu des oies dans les jardins de Plainpalais, les troupes  de Savoie en arrachant les clôtures desdits jardins, auraient certainement provoqués les cris des volatiles. Pour le surplus, les éventuelles oies sauvages présentes à Genève avaient migré vers le sud a la fin de l'automne. Conclusion : j'émets l' hypothèse suivante, à savoir qu' « Oye » serait d’origine saxonne : « aujo » (prononcer : a-ou-yo) qui désigne « quelque chose sur l’eau » ou « dans l’eau ». Or les fossés   fangeux baignaient le pied du bastion ... Si l'un d'entre-vous trouve la clé du mystère, je lui en serais reconnaissant !
     
     
    Avec mes remerciements à Pierre-Henri Heizmann et Gabriel Schmutz  que je cite, qui ont contribué à cette recherche.Oye.jpg

  • Marie Leszczynska, une fille et épouse de roi à l'Hôtel-de-Ville

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    La guerre de Succession de Pologne qui se termina le 18 novembre 1738 et qui faisait rage depuis 1733 déposséda pour la seconde fois (!) Stanislas Leszczynski de son trône polonais, Stanislas reçut en échange le duché de Bar et de Lorraine, (d'où la très belle place Stanislas à Nancy ). Sa fille Marie Leszczynska avait épousé le roi de France Louis XV le 5 septembre 1725. Les personnes qui ont connu et fréquenté la partie sud de l’Hôtel de Ville de Genève réalisée entre 1701 et 1707 par Jean Vennes et Moïse Ducommun pouvaient y admirer avant le début du chantier de restauration dans l’antichambre portant le nom délicieux de "salon bleu", les superbes portraits en pied des rois de France Louis XV et Louis XVI ainsi que celui de l'épouse de Louis XV, la reine Marie Leszczynska. Ces portraits, de même que ceux du "salon jaune" sont des portraits aux dimensions imposantes offerts à la République de Genève par les représentants diplomatiques des souverains concernés. Le portrait de Marie Leszczynska en grande robe de cour exécuté en 1726 par les ateliers royaux d'après celui peint par Charles-André van Loo a été offert par le roi de France à Genève en 1730. L'original est à Versailles. L'épouse polonaise de Louis XV le " Bien-Aimé ", Marie-Catherine-Sophie-Félicité Leszczynska était la grand-mère de Louis XVI. Le 23 février 1766 , Stanislas décéda  brûlé vif, sa robe de chambre s'étant enflammée alors qu'il avait trébuché devant  sa cheminée.

    Claude Bonard

  • 3 mois après le 9 novembre 1932, Genève entre drame et insouciance

    Deux jours  après la tragédie du 9 novembre 1932, les pages du journal "La Suisse" relataient l'arrestation de Léon Nicole. Le quotidien genevois   faisait aussi  la promotion du film à succès "Fanny" avec Raimu dans le rôle principal. Un film projeté au cinéma Rialto. Rebelote le samedi 12 novembre 1932. "La Suisse"  rappelait les circonstances de "l'émeute", et publiait des photographies des armes brisées. Sur la même page, le lecteur découvrait un magnifique encart Novembre 32 on Yoyote.jpg pour la Revue de Ruy-Blag au Casino-Théâtre. Une Revue intitulée "On Yoyote". *
     
    Un peu moins de trois mois après  la fusillade, le Département militaire fédéral publiait son rapport sur l'intervention de la troupe au cours de cette funeste journée. Ce rapport fut publié dans la Tribune de Genève du 31 janvier 1933. Un semblant  de vie "normale avait alors repris le dessus pour un temps et le journal consacra le même jour un important article au match de football qui vit les deux grands rivaux genevois de l'époque, le Servette FC et Urania-Genève-Sports s'affronter. Les Violets et les Grenats firent match nul 0-0. Genève tentait de reprendre goût à la vie et l'opinion publique oscillait  entre drame et insouciance en tentant de revivre.
     
    Claude Bonard
     
    * Yoyoter : Perdre la tête, divaguer., travailler du chapeau

  • Il y a 35 ans, MM. Reagan et Gorbatchev se rencontraient à Genève

    Alors que l'incertitude règne encore s'agissant de la désignation du prochain président des Etats-Unis, les plus anciens parmi nous se souviennent qu'il y a 35 ans, en  novembre 1985, c'est un président issu du parti républicain qui était accueilli par un froid glacial à Genève. C'est un président Ronald Reagan tout sourire  qui fut accueilli à sa descente d'avion  par M Kurt Furgler, président de la Confédération. La communauté internationale  allait assister  à une rencontre au sommet  américano-russe hors du commun  entre MM Ronald Reagan et Mikhail Gorbatchev. Afin d’assurer la sécurité de cet événement planétaire, Genève et la Confédération mirent les petits plats dans les grands et coopèrent étroitement. Pour renforcer le dispositif de sécurité mis en place par les autorités cantonales, le canton de Genève fit  appel à l’armée. Si la mission générale de ce service d’ordre – service actif - fut  donnée par le Conseil fédéral, la mission d’engagement était  du ressort du gouvernement cantonal. Les troupes engagées à Genève furent principalement celles du régiment d’infanterie 15, bernois. Médiatiquement parlant, ce Sommet  attira les médias de la planète entière. Le centre de presse  procéda  à 3'616 accréditations (délégués, attachés de presse, journalistes, techniciens etc.) représentant 67 nationalités. 85 % des personnes enregistrées provenaient des pays occidentaux, 9 % de l’ancien « bloc de l’Est » et 6 % du reste du monde. Cette rencontre fut le point de départ d'un réchauffement des relations soviéto-américaines laissant augurer  la fin de la guerre froide. Force est de constater 35 ans plus tard que les tensions entre "Grands" ont repris de plus belle et que la détente saluée par tous à l'époque n'est plus qu'un lointain souvenir. 

    Claude Bonard

     

    Photo : service de presse de la police genevoise (d.r.) Coll.CB

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  • Connaissez-vous l'origine du masque du mouvement des "Anonymous" ?

    Le 5 novembre 1605 en Angleterre, le parti catholique tenta de faire sauter Westminster. Cet événement est connu sous le nom de "Conspiration des poudres" ou "Gunpowder Plot". Le parti catholique voulait tuer le roi Jacques Ier et restaurer un monarque catholique. L'un des conjurés, Guy Fawkes devait accéder aux sous-sols de la Chambre des Lords et faire exploser la poudre à canon stockée dans les caves de Westminster. Heureusement pour le roi et malheureusement pour Fawkes, l'affaire échoua. Il fut fait prisonnier, torturé et condamné à la pendaison. Aujourd'hui, nous connaissons tous le masque qui représente Guy Fawkes. Un masque devenu le symbole du mouvement Anonymous pour qui Guy Fawkes est un combattant de la liberté qui s'est sacrifié pour la cause du changement politique et social dans son pays.Masque Guy Fawkes.jpg

    Claude Bonard