• Réseaux sociaux et combats de coqs

    Quels que soient les sujets, Covid, vaccination, élection complémentaire genevoise au Conseil d'Etat, économie, écologie, santé, sécurité, aménagement du territoire, relations transfrontalières ou avec l'UE, les réseaux sociaux regorgent de commentaires acides voire agressifs. Parfois sous couvert de pseudos, certains internautes déversent leurs critiques acerbes et sont pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. Il s'ensuit des répliques et des dupliques qui virent souvent à l'aigre et l'on finit par se voler dans les plumes à l'instar d'un combat de coqs.
     
    Pour la petite histoire, il est amusant de rappeler qu'en France, l'utilisation politique faisant du coq un emblème national remonte à la Renaissance. On pensait alors à tort que cet animal était l'emblème de la Gaule indépendante, avant la conquête romaine, et par là le plus ancien emblème français. En réalité, cette expression apparaît déjà chez les poètes romains qui créent un jeu de mot basé sur l'homophonie gallus, « le coq » et gallus, « le Gaulois » habitant la Gallia, la Gaule. Le coq est à cette époque un attribut des dieux romains Jupiter, Mars, Apollon et surtout Mercure. La  plupart des images de coq ou des objets en forme de coq que les archéologues ont mis au jour étant des coqs votifs, offerts dans toute la Gaule romaine dont les qualités de bravoure, de vigueur et de vigilance sont louées. Suétone ou Jules César reprennent créent une association flatteuse des Gaulois avec l'animal.
     
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    Source : Wikipedia,
    Illustration : commons.wikimedia.org (d.r.)

  • La Pologne et Donald Trump - fin d'un âge d'or -

    Avec le départ de Donald Trump, un âge d'or touche à sa fin en Pologne. La lune de miel se termine et laisse place à ce qui pourrait prendre l'allure d'une lune de fiel. La Pologne se signale dans le concert des nations par l'admiration qu'elle porte depuis quatre ans au président Donald Trump et à sa politique. M. Trump avait d'ailleurs fait une halte remarquée à Varsovie en juillet 2017 avant d'assister à son premier Sommet du G 20 en Allemagne, flattant les Polonais dans le sens du poil et réciproquement. Sous l'égide de Donald Trump, même si les décisions stratégiques ont été prises sous la présidence du prédécesseur de M. Trump,  l'OTAN a notablement renforcé sa présence militaire sur son flanc "Est" suite aux demandes insistantes de la Pologne. Il y a environ deux ans, le président polonais avait même appelé de ses vœux l'édification d'un "Fort Trump", base militaire américaine permanente sur le territoire polonais. La société polonaise se caractérise pour le surplus par une admiration jamais démentie envers les Etats-Unis d'Amérique. Au MAGA fait écho MPGA ! Pour trouver une explication, il faut remonter loin dans l'histoire. Alors que la Pologne n'existait plus en tant qu'Etat indépendant, partagée qu'elle était entre la Russie tsariste, la Prusse et l'Autriche, on assista dès le début des années 1820 à l'émigration de nombreux polonais vers les Etats-Unis et le Canada. Ces vagues d'émigration s'amplifièrent dès les années 1870 et les historiens estiment à près de quatre millions, le nombre de Polonais ayant quitté leur pays pour rejoindre le nouveau monde. Aujourd'hui, chaque Polonais sait que la plus grande ville polonaise après Varsovie est Chicago. Quant aux Américains, ils portent une affection toute particulière à la Pologne car deux figures polonaises mythiques sont devenues des héros en Amérique, Tadeusz Kosciuszko (1746-1817) et Casimir Pulaski. (1745-1779). On trouve aux USA de nombreux monuments qui rappellent leur mémoire. Des villes, des rues, des ponts, des places et des jardins publics portent leur nom. A l'inverse, en Pologne, on ne compte plus les places et les rues portant le nom du président américain Woodrow Wilson, l'un des artisans de la renaissance de la Pologne en 1918. Enfin, des liens étroits ont été tissés entre Polonais restés au pays et les descendants de ceux qui ont émigré aux Etats-Unis. Ces liens affectifs expliquent en partie pourquoi le président Donald Trump jouit depuis quatre ans, quelles que soient les circonstances, d'une popularité qui ne se dément pas non seulement sur les bords de la Vistule mais au sein des Américains d'origine polonaise vivant aux USA. Avec l'élection de M. Joe Biden, c'est la soupe à la grimace à Varsovie. Si stratégiquement parlant, rien ne devrait changer au plan militaire sur le flanc "Est" de l'OTAN, en revanche les visions politiques sur d'autres thématiques dont le respect de l'Etat de droit, l'indépendance des médias et les sujets de société risquent bien de diverger. La lune de miel pourrait bien se transformer en lune de fiel.
     
    Claude Bonard
    Make Poland Great Again
     
     
    Photo : polonianews.com (d.r.) 

  • Che coglione !

    Le 20 juin 1792 Bourrienne et Bonaparte qui sont à proximité du Palais-Royal voient arriver une troupe en furie.
    "Ils étaient, raconte Bourrienne, déguenillés et burlesquement armés, vociférant, hurlant les plus grossières provocations. (...)  "Suivons cette canaille dit Bonaparte à son ami. Ils réussissent à prendre les devants et se postent sur la terrasse du bord de l’eau. De là, ils assistent à l’invasion du château par le peuple des faubourgs. Bonaparte est en proie à la surprise et s'exclama : Che coglione ! Comment a-t-on pu laisser entrer cette canaille ? "
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    Et comme on dit à Hollywood : Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite.
     
    Claude Bonard
     
    Extrait de André CASTELOT, Bonaparte, Perrin, Paris, 1996, pp.103, 104. Illustration de JOB. (d.r.)