• Lorsque le cadeau de M. Barton fit imploser la Landwehr

    Une fois de plus, M. Benjamin Chaix nous gratifie  aujourd'hui d'un article fort intéressant dans la Julie consacré à l'histoire du Victoria Hall, rappelant au passage que ce somptueux bâtiment avait été offert à l'Harmonie nautique par le généreux consul britannique à Genève M. Daniel f.P. Barton. Le généreux diplomate n'en était pas à un cadeau près. Au cours des mois qui précédèrent, il s'était déjà signalé par ses largesses en voulant offrir des instruments de musique de grande qualité à la Landwehr qui n'avait pas pu les accepter ! Petit résumé de cette affaire cocasse qui fit imploser la prestigieuse Harmonie militaire de l'Etat qui toutefois s'en remettra :  Le 27 décembre 1882, M. Louis Bonade clarinettiste solo de l'orchestre du Grand théâtre qui dirigeait le Corps de musique de Landwehr démissionnait  avec fracas  de son poste de directeur musical avant d'aller fonder l'Harmonie nautique avec trente-deux musiciens frondeurs. On retrouve au coeur du problème Monsieur Daniel F.P. Barton, consul britannique mélomane qui, dans un élan de générosité, avait offert à Louis Bonade et ses musiciens un somptueux cadeau sous forme d'instruments de musique de haute qualité. Or la Landwehr, corps de musique soumis aux lois et règlements militaires ne pouvait pas accepter une telle donation. Victoria Hall 1.jpgLes précieux instruments furent dès lors attribués à une sous-section créée ex nihilo intitulée "Société civile du Corps de musique de Landwehr". Une situation qui engendra des frictions croissantes et un antagonisme périlleux qui opposa civils et militaires au sein de la Landwehr. La scission était inéluctable. Les musiciens "civils" furent radiés, Bonade démissionna et tout ce petit monde se retrouva au sein de la nouvelle Harmonie nautique dans l'écrin somptueux construit spécialement pour elle grâce à la générosité de M. Barton.

     
    Claude Bonard 
  • François Guizot et la souveraineté du peuple - l'avis d'un illustre réfugié genevois

    Dès que l'on parle politique, chez nous comme chez nos voisins français ou lorsque il est question de nos relations avec l'UE, on invoque toujours le "peuple" et le respect des "décisions du peuple". Le mot "peuple" est dans toutes les bouches. A ce propos, il est intéressant de relire l'ouvrage écrit par l'homme d'Etat et historien François Guizot en 1820 : "De la révolution -Du gouvernement de la France depuis la Restauration et du ministère actuel". François Guizot, qui fut le Président du Conseil des ministres du roi Louis-Philippe s'était réfugié à Genève dans sa jeunesse de 1794 à 1805, son père ayant été guillotiné sous la Révolution.
    En 1820, Guizot écrivait notamment à propos des événements de 1789 : 
    "Au fond, ce n'était point de la souveraineté du peuple qu'il s'agissait, quoique tout le monde en parlât et même y crût; c'était la victoire d'une portion du peuple sur une autre portion, d'un peuple sur un autre peuple. Et comme la supériorité numérique était immense en faveur du peuple nouveau, la souveraineté du peuple fut invoquée comme doctrine et comme force; car il fallait toujours une doctrine à la force, même supérieure, tant les hommes ont besoin de croire et de faire croire qu'ils ont raison."
     
    Compilation Claude Bonard Guizot.jpeg
     
    Sur le séjour de Guizot à Genève lire : https://www.guizot.com/fr/ses-lieux/geneve/?fbclid=IwAR1NO3GgaEoIy_bORZpuOhFix_kyJBOkHuuHk7Mlp-csRwfjgn9krlY0_1I
     
    Portrait : Wikipedia (d,r,) 

  • Tadeusz Kościuszko, un étonnant professeur d'allemand à Soleure

    Il y a 250 ans, le 4 février 1746 naissait Tadeusz Kościuszko, héros polonais et compagnon de Georges Washington qui termina sa vie à Soleure comme professeur d'allemand ! Né dans une famille noble et ayant été formé à l'académie militaire de Varsovie, il quitte brièvement la Pologne pour s'établir en France avant de tenter l'aventure américaine avec l'immense succès que l'on sait. Aux Etats-Unis, il est considéré comme l'un des héros de l'indépendance. Revenu en Pologne il prend la tête de l'insurrection de 1794 contre les Russes. Après quelques succès initiaux, après deux ans de lutte, Kościuszko est battu et tombe aux mains des Russes. Fort heureusement gracié par le tsar Paul 1er, il repart pour l'Amérique puis revient en France où Napoléon cherche sans succès à s'attacher ses services afin de défendre la cause polonaise. A la chute de l'Empire,Kościuszko qui avait noué une solide amitié avec des Suisses établis en France décide de s'installer à Soleure à l'invitation de son ami Zeltner. Habitant un modeste logis à la Gurzelngasse 12, il donne des cours de langue allemande. Il décède d'une chute de cheval en 1817. Une chapelle funéraire rappelle sa mémoire à Zuchwil près de Soleure décorée par les soldats polonais internés en Suisse de 1940 à 1945. La dépouille de Kosciuzsko fut   rapatriée en Pologne et repose au Panthéon des gloires nationales au Château du Wawel à Cracovie.
     
    Claude Bonard
     
    Photo : médaille Kościuszko reçue en 1994
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
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