• Les Vernets : de Coindet aux militaires, en passant par Belousova - Protopopov et la bande à Giroud Kast et Joris

    La Julie d'aujourd'hui nous offre  sous la plume de M. Thierry Mertenat un article consacré au démantèlement de la caserne des Vernets. Une page de l'histoire de Genève se tourne. Avec la démolition des Vernets, c'est tout un pan de l'histoire de Genève qui s'estompe. Reste encore, et pour combien de temps dans ce quartier en pleine mutation la vénérable patinoire des Vernets datant du début des années 60. Je me souviens y avoir applaudi en 1968 aux exploits du couple soviétique Ludmila Belousova et Oleg Protopopov et à ceux de l'américaine Peggy Fleming à l'occasion du Championnat du monde de patinage artistique. Au même moment, ce fut l'époque de rêve du Genève-Servette Hockey-Club du temps héroïque de Clerc, Naef, Giroud Kast et Joris. Mais bien avant l'armée et les sports de glace, les Vernets ou les Vernaies comme l'on disait au 19e siècle étaient un lieu moins engageant. En mai 1838, les aliénés hospitalisés - ou plutôt détenus - au château de Corsier quittèrent les bords du lac pour rejoindre le nouvel asile des aliénés des Vernaies à la Queue d’Arve. Un lieu qui fit parler de lui au plan médical et politique puisque le docteur Jean-Charles Coindet ( 1796-1876), l'un des fondateurs du Journal de Genève et membre du Conseil représentatif, conservateur modéré, s'opposa à James Fazy et fut viré de ce fait de son poste de médecin-chef de cet asile sous prétexte de détention arbitraire d'une jeune servante. Je lui ai consacré mon mémoire de licence il y a bien longtemps. Décidément, les Vernets n'ont pas fini de faire parler d'eux.
     
    Claude Bonard 
     
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    Vernets : Radio Lac (d.r.)
     

  • Mauvais en math

    J'ai toujours été mauvais dans tout ce qui est chiffres et en particulier s'agissant des sciences mathématiques ainsi qu'en témoigne ce mauvais carnet scolaire à la Kantonsschule Trogen en 1964 et aujourd'hui encore, je reste perplexe si dans une élection, un électorat qui représente globalement 59% des voix perd contre un électorat qui en représente 41% et qui in fine remporte le siège convoité au Conseil d'Etat genevois.Trogen carnet scolaire.jpeg
    Heureusement, il me reste l'histoire, mon refuge quotidien pour tenter de trouver une explication. L'Histoire de la Suisse de Suter et Castella publiée en 1941 nous dit ceci à propos des événements qui ont conduit à la chute de l'ancienne Confédération en 1798 : "De violentes luttes éclatèrent entre les différents groupes qui détenaient le pouvoir. Ici, les bourgeois communs s'élevaient contre les prérogatives du patriciat; là, les privilégiés se combattaient entre eux." Je crois que je commence à comprendre.
     
    Claude Bonard

  • "Le 24 jour de Mars les Sindiques furent advertys quil se faisoit gros amas de gensdarmes"

    "Le 24 jour de Mars les Sindiques furent advertys quil se faisoit gros amas de gensdarmes pour les venir assaillir la nuit suyyante.»
     
    Ce ne fut pas la nuit suivante mais celle du  29 mars 1529 que Genève a vécu une "Escalade" manquée appelée la nuit des Echelles, totalement oubliée aujourd'hui. En voici un témoignage d'époque, celui du Syndic Jean Ballard. Dans son Journal, il écrivit : « Led. Pontvere entra a Geneve par sus le pont des Paquiers en venant par sus le pont du Rosne, son espee traicte, usant de menasses et oultrage par fierté et oultrecuydance en sorte que ceulx de dessus le pont vindrent sur luy a espees en sorte quil fast contrainct de sen aller cacher en la maison du four près la porte dud. pont tyrant sus la corraterye et en icelle fust tue. ( ... ) Le 24 jour de Mars les Sindiques furent advertys quil se faisoit gros amas de gensdarmes pour les venir assaillir la nuit suyyante. »
     
    Les Genevois étant avertis, l'affaire tourna court et les assaillants se dispersèrent piteusement en abandonnant leur matériel sans même tenter quoi que ce soit. Cet « exploit » ridicule a été nommé par les Genevois d'alors la "Nuit des Echelles". On découvre aussi ce récit aux pages 52 et 53 de la « Petite histoire de Genève à l’usage des écoles du canton » rédigé par Louis Thévenaz, Maître au Collège qui évoque l'épisode des Gentilshommes de la Cuiller  dont le chef était François de Pontverre :  : “leur audace devint telle que Pontverre osa, un soir, entrer dans la ville. Mais reconnu, il fut poursuivi et impitoyablement massacré. Les Chevaliers, apprenant la mort de leur chef, jurèrent de le venger par une action d’éclat. Ils formèrent le projet de s’emparer de Genève par surprise. Dans la nuit du 29 mars 1529, ils vinrent, au nombre de 800, munis d’échelles et de cordes pour escalader les murailles. Toutes leurs précautions étaient prises ; ils s’étaient même ménagé des intelligences dans la place ; mais au moment de commencer l’attaque, le courage leur manqua ; une terreur subite s’empara d’eux et ils se sauvèrent, abandonnant leurs échelles et leurs engins, mais emportant les fenêtres et les portes de quelques maisons des faubourgs”.
     
    Compilation Claude Bonard Ponverre Dunki.jpeg
     
    Pour en savoir davantage : Journal du Syndic Jean Balard, Mémoires et documents publiés par la Société d'Histoire et d'Archéologie de Genève, Tome dixième, Genève, chez Jullien frères, libraires-éditeurs.
     
    Illustration : Louis Dunki,  Les Gentilshommes de la cuiller, vignette tirée des petites chroniques genevoises 1525-1605 par J. Peter, Editions Julien Genève, 1900. (d.r.)

  • Capo d'Istria, Genève et l'indépendance de la Grèce 1821 - 2021

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    Aujourd'hui, c'est jour de fête nationale en Grèce. Le pays commémore le bicentenaire de sa lutte pour l'indépendance face aux Ottomans qui a débuté le 25 mars 1821. C'est l'occasion de rappeler le rôle joué dans ces événements par Ioannis Kapodistrias plus connu sous le nom de Jean-Antoine Capo d'Istria est né le 2 février 1776 à Corfou. Il était l'un des proches amis de Jean-Gabriel Eynard, ardent promoteur de la cause de l'indépendance de la Grèce. Capo d'Istria résida de 1822 à 1827 au 10, rue de l'Hôtel de Ville à Genève. Une plaque épigraphique rappelle son séjour en ce lieu proche du palais construit par son ami Jean-Gabriel Eynard entre 1817 et 1821. Il fut le premier président de la Grèce en 1827. Le 9 octobre 1831 il fut assassiné à Nauplie dans le Péloponnèse par un "patriote" opposé à sa politique.
     
    En Suisse aussi, Capo d'Istria joua un rôle déterminant. Comme nous le rappelle le Dictionnaire Historique de la Suisse (DHS) : Capo d'Istria fut “envoyé spécial du tsar en novembre 1813, puis ministre plénipotentiaire auprès de la Diète fédérale dès mars 1814. (…) Sa défense de la souveraineté et de l'indépendance de la Confédération dans l'Europe post-napoléonienne lui valut la citoyenneté d'honneur des cantons de Genève et de Vaud.”
     
    Claude Bonard 
     
    Lire à son propos la notice du DHS : http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F21580.php
     
    Source : Wikipedia et Encyclopédie Larousse 

  • De Zagan à Sagan

    Si je vous dis : Zagan... ça ne vous dit rien ... si je vous dis "La grande évasion"... alors là nous savons tous de quoi il s'agit !
    Dans la nuit du 24 au 25 mars 1944, au Stalag Luft III de Zagan en Basse-Silésie, aujourd'hui en Pologne, environ 200 aviateurs britanniques et étrangers servant au sein de la RAF tentèrent une incroyable évasion. Tous ne purent pas s'échapper et paradoxalement heureusement pour eux. Hitler ordonna en effet que l'on exécute 50 des prisonniers qui avaient réussi à s'évader au moyen du tunnel creusé sous les baraquements. Seuls 3 hommes réussiront à rejoindre le Royaume-Uni et 23 seront renvoyés en prison.
    Cette épopée avait été portée à l'écran en 1963 avec le film "The Great Escape", "La grande évasion". Steve McQueen, James Garner et Richard Attenborough tenaient les rôles principaux.
     
    Dans une autre époque de l'histoire, le titre de duc de Sagan fut un titre de noblesse  attaché à la ville de Żagań. **  Un ami polonais m'a rappelé  à cet égard qu'en 1845, le duché de Sagan avait à sa tête  Dorothée princesse de Courlande, la fameuse duchesse de Dino qui épousa le lieutenant général Edmond de Talleyrand-Périgord dont l'oncle n'était autre que le célèbre homme d''Etat Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, le "diable boiteux. Zagan.jpg
     
    Claude Bonard