Tirer la prise, une nouvelle doctrine politique

Depuis quelques années,  "tirer la prise"  semble être la doctrine politique qui a le vent en poupe. Les gouvernements tirent la prise dans de nombreux  domaines :  politique énergétique, nucléaire, décroissance, multilatéralisme, mode de société hérité des Trentes Glorieuses et, dans certains pays situés à quelques heures d'avion de Genève, respect des droits démocratiques et de l'Etat de droit.

Hier, le Conseil fédéral a décidé de tirer la prise, s'agissant des négociations liées à l'accord-cadre avec l'Union européenne (UE). Dont acte. Pourtant, le bon sens, les réalités économiques et notre situation géographique au coeur de l'Europe plaident en faveur de relations étroites et constructives entre la Suisse et l'UE. Un nouveau chapitre des relations entre la Suisse et Bruxelles est à écrire même si pour l'instant, chacun sèche devant une page blanche.

A ce propos, je ne vois pas trace de "Diktat" ou "d'arrogance" de la part de Bruxelles, contrairement aux assertions de plusieurs de mes excellents amis qui estiment  par ailleurs "que les élus de Bruxelles n'ont aucune légitimité démocratique". Je leur rappelle que les membres du parlement européen sont  élus à cadence régulière par les citoyens des pays membres de l'Union à l'occasion des élections européennes. Les membres du parlement européen et des autres instances de l'UE ne sont donc pas des extraterrestres autoproclamés. C'est d'ailleurs si vrai que dans le pays d'Europe au sein duquel je séjourne régulièrement,  les députés de la majorité  conservatrice qui, dans leur parlement national tirent à boulet rouge à longueur de temps sur l'UE, sont les premiers à  vouloir se faire élire pour siéger à Bruxelles ... 
 
Vu ce qui s'est hier à Berne, je me dis que nous sommes bien loin du temps où les négociateurs suisses à Paris, Vienne ou Turin avaient une stature internationale et une habileté reconnue dans les négociations à l'image de Charles Pictet-de-Rochemont ou Jean-Gabriel Eynard ou encore, plus près de nous,  de diplomates du calibre de MM.  Edouard Brunner ou Franz Blankart et, au sein du Conseil fédéral, d'une personnalité de la trempe de  M. Max Petitpierre par exemple. Des personnalités qui nous seraient bien utiles aujourd'hui.
 
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