• La main gauche de Cervantes et la garde suisse du pape

    L'auteur de Don Quichotte  est né le 29 septembre 1547. Il est intéressant de savoir que cet illustre écrivain fut blessé le 7 octobre 1571 au cours de la bataille de Lépante dans le golfe de Corinthe. Il y perdit définitivement l'usage de sa main gauche. A Lépante, la coalition formée par l'Espagne, Venise, la Savoie, Gênes et les Etats pontificaux arrêta la progression des Ottomans dans le bassin méditerranéen.
     
    Chose plus curieuse, 13 gardes suisses au service du pape - 12 selon d'autres sources - participèrent aussi à cette bataille navale. Nous avons là les premiers fusiliers marins de l'histoire suisse ! 
     
    Claude Bonard
     
    Source : Wikipedia et https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/03/17/des-restes-de-miguel-de-cervantes-retrouves-en-espagne_4595127_3214.html
     
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  • 28 septembre 1939 pour la quatrième fois de son histoire, la Pologne était dépecée

    En Pologne où je me trouve en ce moment, la date du 28 septembre 1939 reste à jamais une journée noire. Le pays succombait alors sous les assauts conjoints de la Wehrmacht et de l'Armée rouge n'ayant pas pu combattre sur deux fronts suite au « coup de poignard dans le dos » que constitua l'attaque soviétique du 17 septembre 1939 sans déclaration de guerre.

    Soviétiques et Allemands ne perdirent pas de temps. Le jour même de la capitulation de Varsovie, ils signèrent un “traité  de délimitation et d'amitié”. Le Reich et l'Union Soviétique se partageaient le pays. L'Allemagne récupérait la région de Dantzig, la Prusse occidentale et la Haute-Silésie. Elle s'appropriait aussi la région de Lodz, deuxième ville du pays et capitale de l'industrie textile polonaise. Quant aux Soviétiques, ils mettaient la main sur les vastes  territoires situés aujourd'hui en Ukraine et en Biélorussie à l'est des fleuves  Narew et Bug.

    Ce partage, fait unique en Europe fut le quatrième dans l'histoire de la Pologne après ceux de 1772, 1793 et 1795, lorsque les souverains de Prusse, de  Russie et d'Autriche s'étaient partagés le pays, profitant  des divisions profondes qui minaient un royaume ayant à sa tête un souverain épris de culture et ouvert aux idées nouvelles mais politiquement faible et influençable. En 1795, la Pologne était pour la première fois de son histoire, rayée de la carte politique du monde. L'une des plus grandes puissances du continent européen disparaissait après avoir contrôlé au cours de son glorieux passé  des territoires allant de la Baltique à la mer noire en passant par la  Livonie et la Moscovie.

    Le 28 septembre 1939, pour la seconde fois, la Pologne était rayée de la carte après une courte renaissance de 1918 à 1939. Et un malheur n'arrivant jamais seul, en 1945, le pays "libéré" par les Soviétiques et honteusement Pologne Wehrmacht et Soviets.jpeg lâché par les alliés occidentaux à Yalta allait devoir subir 44 ans de régime communiste avant de retrouver une pleine indépendance en 1989.

     

    Claude Bonard

     

    Sources : https://www.dipublico.org/111240/traite-germano-sovietique-de-delimitation-et-damitie-du-28-septembre-1939/

    https://enrs.eu/en/news/882-17-september-1939-the-soviet-invasion-of-poland

    Photo : enrs.eu (d.r.)

     

  • 1799, un audacieux franchissement de la Limmat permet aux Français de battre les Russes

    Dedon Kehl.jpegAujourd'hui je vous propose de faire connaissance avec le Citoyen Dedon l'aîné, Chef de brigade d'artillerie. Pourquoi ? par ce que talentueux officier fut à son époque le spécialiste incontesté dans l'armée française du franchissement des fleuves. C'est lui qui, le 25 septembre 1799, a conçu et organisé l'audacieux franchissement nocturne de la Limmat grâce à une flottille de barques par l'armée française au moment de la seconde bataille de Zurich, permettant de surprendre l'armée russe du général Korsakov et de la culbuter. Comme l'a écrit Adolphe Thiers, « Souvorof, qui croyait déboucher en Suisse dans le flanc d'un ennemi attaqué de tous côtés, allait trouver au contraire tous ses lieutenants dispersés et s'engager au milieu d'une armée victorieuse de toutes parts ».
     
    Les Français pouvaient compter sur les connaissances et l'expérience de Dedon l'aîné en matière de franchissement des fleuves qui s'étaient déjà révélées indispensables quelques années plus tôt, en 1796 - 1797 à Kehl ainsi que lors des deux passages successifs du Rhin par l'armée du général Moreau. Dedon a méticuleusement décrit cette campagne et ses préparatifs dans un livre qu'il a publié à Paris et à Strasbourg. Il a manifestement tiré profit des expériences faites lors des passages du Rhin pour planifier et organiser le franchissement de la Limmat du 25 septembre 1799 à Dietikon où une pierre commémorative marque l'emplacement du franchissement du fleuve. Ce monument est visible depuis le train, la voie de chemin de fer longeant la Limmat peu avant Zurich.
     
    Claude Bonard

  • Hollywood sur Balexert

    Le Centre commercial de Balexert souffle ses 50 bougies et je lui souhaite un fructueux anniversaire ! Je me souviens du temps où, dans le triangle Pailly, route de Meyrin et Avenue Casaï je venais depuis la ville  au tout début des années soixante en Solex pour assister au spectacle impressionnant de la démolition des villas situées dans ce périmètre par les troupes de ce que l'on appelait alors dans notre armée  la protection antiaérienne, la PA. Une troupe connue aujourd'hui sous la dénomination de troupes de sauvetage.
     
    Il y avait à Balexert un véritable  champ d'exercice à ciel ouvert où ça explosait, ça fumait et où l'on se croyait sur le plateau d'un film hollywoodien avec ses effets spéciaux impressionnants.  Tous les jeunes des quartiers proches se donnaient rendez-vous sur place pour assister  aux destructions et aux  pétarades. Sauf erreur, c'est aussi  à cette époque que le château de Balexert a été détruit. Quelques années plus tard, le Centre  commercial balexert001.jpegde Balexert sortait progressivement de terre, devenant un lieu fort prisé des Genevois jusqu'à aujourd'hui.
     
    Claude Bonard
     
    Photo :  https://www.ge200.ch/carto/naissance-du-centre-de-balexert  (d.r.)

  • A Genève, réunir plutôt que diviser ! la recette de l'Académie du Cep

    A Genève, l'Académie du Cep a pour objectif de défendre la cause de la vigne et du vin, en particulier du terroir genevois. Pour moi cette confrérie  représente beaucoup. Le  spectacle auquel j'avais assisté à Peissy le  samedi 16 mars 2018  lors de mon intronisation dans une ambiance chaleureuse et conviviale était incroyable. Il aurait été  tout simplement inimaginable en Pologne, pays que je connais bien pour y séjourner régulièrement.

    A Peissy, en ce samedi de mars 2018, le soleil était dans les coeurs. Voir dix-huit candidats aux élections cantonales tant pour le Conseil d'Etat que pour le Parlement genevois, issus de tous les courants politiques de la gauche à la droite en passant par le centre, intronisés, voire distingués pour leur talent de dégustateur, fraternisant dans une ambiance chaleureuse et posant ensemble pour la photo de groupe dans un esprit potache était un moment assez singulier et tellement "de chez nous" ! Tous avaient  en commun une seule chose en ce samedi pluvieux : l'amour du vin genevois ! Certes, au cours des semaines qui suivirent, la campagne fut parfois moins joyeuse mais qu'importe. 

    Sur les bords de la Vistule, un tel événement  serait impensable aujourd'hui. comme hier.  En effet, la vie politique s'y caractérise dans l'espace public par une dureté inouïe.  Alors longue vie à l'Académie du Cep qui réunit les gens plutôt que de les diviser. Elle l'a montré une fois encore ce dernier week-end à Russin en réunissant des personnalités politiques mais pas seulement, provenant de tous les horizons.

    Et comme dit  la chanson de l'Académie  : "Ô Genevois, soyons fiers et sans soucis, à l'eau de-là, je préfère le vin d'ici :" 

    La preuve, même le président de la Confédération appartenant à une famille de vignerons vaudois a apprécié ! Vignes.jpg

     

    Claude Bonard