• 20 janvier 1941, les Spahis débarquent à la gare de Satigny

    Spahis Satigny medley.jpgLe 23 novembre 1940 un accord franco-allemand engloba la question du retour en France des militaires français internés en Suisse depuis le 19 juin 1940. La Suisse intervint dans cette négociation si bien que dès janvier 1941, les premiers rapatriements eurent lieu. Plusieurs convois d’internés quittèrent la Suisse en s’arrêtant à Genève. Ce fut le cas du 7e Régiment de Spahis Algériens du 45e Corps d'Armée français du général Daille internés le 29 juin 1940. Le 20 janvier 1941, ce régiment quitta par trains la région de Neuchâtel pour rejoindre la gare de Satigny avec 1039 hommes et 742 chevaux. A leur débarquement, hommes et chevaux furent pris en charge par l’armée et prirent la route à pied, cheval à la main, pour traverser le canton de Genève rejoindre la douane de Veyrier et ainsi la zone libre. L'un des officiers suisses en charge du débarquement des Spahis à la gare de Satigny le 20 janvier 1941 était mon père, le premier-lieutenant Robert Bonard, qui m'a laissé un témoignage écrit et ces photos.
    L'an dernier, la "Mémoire de Veyrier" a publié dans sa collection Chroniques historiques un superbe ouvrage signé Jean Plançon, Pierre Bosson et Jean-Denys Duriaux intitulé "Des Franches-Montagnes à Veyrier, retraite, asile et parcours en Suisse du 7e Régiment de Spahis algériens de l'Armée française 1940-1941". ** Je recommande cet ouvrage d'une richesse iconographique incroyable.
     
    Claude Bonard
     
     
    ** Le témoignage de Robert Bonard y figure en page 99. Vous y trouverez aussi aux pages 134 à 139 mes deux articles écrits en novembre 1986 et avril 1987, y compris l'Erratum (!) publiés à l'époque dans "Le Brécaillon", bulletin de l'Association du Musée Militaire Genevois.
     
     
     
     
     
     
     
     

  • Les Suisses "verts" de Napoléon III

    Le 17 janvier 1855, selon la volonté de l'empereur Napoléon III, un décret avalise la création d'une seconde Légion étrangère dite Légion suisse reconnaissable à la couleur verte de son uniforme. En Crimée, deux régiments de ligne et un bataillon de tirailleurs prirent part au siège de Sébastopol. Cette troupe fut décimée autant sinon plus par le choléra que par la mitraille russe. Selon l'historienne Evelyne Maradan, cette 2e Légion compta au nombre des officiers 19 francophones dont un Vaudois, 20 germanophones et 1 Grison. Sur les 1600 hommes incorporés, 1285 seulement étaient d'origine suisse et la moitié d'entre eux provenaient des cantons de Genève, Vaud et Berne.
    Le commandement de la Légion suisse fut confié à Ulrich Ochsenbein. Ce remuant personnage fut tour à tour député au Grand Conseil bernois, conseiller d'Etat et se signala aussi à la tête des Corps francs anticléricaux qui lancèrent sans succès des raids sur le canton de Lucerne en 1844 et 1845 afin de renverser le gouvernement.
    Lors de la guerre du Sonderbund, il commanda une division bernoise. Ochsenbein fut ensuite élu au Conseil fédéral le 16 novembre 1848 et prit la tête du Département militaire. Il ne fut pas réélu en 1854. C'est comme général français qu'il s'illustra hors de nos frontières. En effet, par deux fois il offrit ses services à la France . Il fut promu général de brigade en 1855 pendant la guerre de Crimée, puis général de division en 1871 pendant la guerre franco-allemande. À la suite de l’armistice du 28 janvier 1871, il fut licencié le 15 mars et fait chevalier de la Légion d’honneur le 5 mai. Revenu à la vie civile, propriétaire terrien, il s'impliqua dans le premier projet de correction des eaux du Jura.
     
     
    Sources : Dictionnaire Historique de la Suisse http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F4633.php
     

  • Une certaine vision de l'Histoire de France

    Mon premier livre d'Histoire de France reçu en 1953. Il se termine à la page 253 par la Constitution de 1946 et la formation de "l'Union française avec les peuples d'outre-mer faisant partie de l'empire français" ... je mesure combien le grand sablier du temps fait son oeuvre ...
    L'illustration de la couverture est intéressante à décrypter : on y voit un Gaulois, le roi François 1er au centre, à droite un philosophe des Lumières, en bas à gauche un paysan ou un Camisard ? Jeanne d'Arc et une bourgeoise du 19e siècle ....
    il y a de grands absents : Henri IV, Louis XIV, l'une des grandes figures de la Révolution, Napoléon 1er, et le général de Gaulle ...
    Histoire de France CB 1953.jpeg
    Les silhouettes de bâtiments et monuments à l'arrière-plan sont aussi significatives : le village gaulois, le château médiéval, la maison des riches commerçants du 17e siècle, le Panthéon et l'Arc de Triomphe .... quelques grands absents : la période de la Gaule romaine, les châteaux de la Renaissance, Versailles, la Tour Eiffel ... une certaine vision de l'Histoire de France vue par le ministère de l’Éducation nationale en 1953 ?
     
    Claude Bonard