D'histoire en histoires - Page 3

  • Genève renoue avec son rôle de carrefour de la paix

    Le 16 juin prochain, MM. Biden et Poutine devraient se rencontrer à Genève, notre République et canton renouant  ainsi avec son rôle de carrefour de la paix. Une mission qui lui va si bien au service de la communauté internationale et de la politique de bons offices de la Confédération.

    Une rencontre qui perpétue aussi une longue tradition :
     
    1954 Conférence dite « asiatique » sur la question de l’Indochine ; (MM. Bidault, puis Mendès-France, Dulles, Eden et Molotov) ;
    1955 Conférence des chefs d’Etat dite « des quatre Grands » ; (MM. Faure, Eisenhower, Eden et Boulganine);
    1955 Conférence dite « atomique » sur l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire ;
    1961 Conférence sur la neutralisation du Laos ;
    1961-1962 Pourparlers sur la question algérienne (Evian) ;
    1983 Conférence sur la question palestinienne ( déjà !) ;
    1984, Pourparlers relatifs à la paix au Liban ;
    1985 Sommet Reagan-Gorbatchev;
    1988 Débat sur la question palestinienne en présence de M. Yasser Arafat;
    1994, Rencontre au sommet entre MM. Clinton et Assad (père).
    etc.
     
    Il faut aussi mentionner les nombreux arbitrages internationaux dont Genève a été le théâtre, sur la question de l’ex-Yougoslavie notamment. D'autres ont suivi dans la foulée. Aujourd'hui, ce regain d'intérêt pour Genève est réjouissant car depuis la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide, Genève ne détient plus le monopole de l’organisation des grandes conférences internationales. De nombreux Etats s’invitent dans le jeu. Fort heureusement, la Confédération a pris au cours des dernières décennies  la mesure de l’importance de la Genève internationale en tant qu’outil de sa politique de bons offices.
     
    Claude Bonard Reagan-Gorby.jpg
     
  • Dans sept mois c'est Noël !

    Chers amis, lecteurs, dans sept mois c'est Noël ! Alors que ce printemps humide tarde à réchauffer les coeurs et que l'été n'est pas loin, n'attendons pas le 25 décembre ! Un sourire, un oeil pétillant .... tout est bon. Un gentil mot par courriel ou tout autre réseau social aussi ! Et dans la vie réelle, faisons en sorte que chaque jour soir un jour à savourer, sur une terrasse, bientôt dans nos restaurants préférés ou nos cinémas et salles de concerts. C'est autant de gagné sur le virus car même s'il se montre moins chez nous, il est toujours là, sournoisement tapis dans l'ombre.

    BdF Noël 2016.jpgAlors que la vie reprend progressivement et que les frémissement d'une reprise sont perceptibles, pour que l'été soit beau, ayons à coeur de ne pas jeter aux orties tous les bons réflexes que nous avons su entretenir depuis dix-huit mois. Faisons en sorte que le père Noël soit là, dès aujourd'hui, car chaque jour qui nous est offert est un cadeau. Et un cadeau, ç'est précieux. Je vous souhaite à tous une bonne journée.

    Claude Bonard

  • 23 mai 1387 un jour important pour Genève ! ... qui s'en souvient aujourd'hui ?

    Le 23 mai 1387, l'évêque Adhémar Fabri, un dominicain né à La Roche-sur-Foron et résidant habituellement en Avignon ratifiait les ordonnances, coutumes, franchises et libertés des citoyens de Genève et s'engagea à les respecter. Le précieux parchemin muni du grand sceau de l'évêque Adhémar Fabri est conservé aux Archives d'Etat.  Cet événement s'est inscrit dans un contexte qui vit interagir plusieurs acteurs au cours de la période qui précéda l'événement, illustrant l'époque des luttes entre l'Evêque de Genève qui détenait le pouvoir temporel sur la Cité depuis l'accord de Seyssel signé en 1124 entre le comte Aymon de Genève et l'évêque Humbert de Grammont. S'agissant des acteurs, on y trouvait les comtes de Genève en perte d'influence et dont la dynastie allait d'ailleurs s'éteindre, les comtes de Savoie qui manoeuvraient avec plus ou moins d'adresse pour s'introduire à Genève et y devenir maîtres des leviers du pouvoir et, in fine, les citoyens. Un cocktail qui fit émerger un mouvement communal qui se renforça au fil des années. En 1263 par exemple, on trouvait déjà les premières traces d'un mouvement communal à Genève. Un mouvement qui allait prendre l'ampleur et un pouvoir des citoyens qui allait insensiblement se renforcer En 1309 le prince-évêque Aymon du Quart reconnaissait les syndics élus par les citoyens et autorisa la construction d'une halle commerciale au port du Molard.
     
    Claude Bonard 
     
     
     

  • Le douloureux destin d'Akko /Saint-Jean-d'Acre

    Les médias nous renseignent depuis quelques jours sur les violences qui secouent la ville d'Akko. (Voir Tribune de Genève de ce jour).
     
    Hélas ce n'est pas la première fois dans l'histoire que cette antique cité se retrouve frappée par  le malheur : 
     
    Ce fut une première fois en 1291. Connue sous son ancien nom, Saint-Jean d'Acre, la cité fut assiégée par les Mamelouks qui finirent par prendre la forteresse malgré la résistance des Templiers. Cet événement marqua la fin du royaume chrétien de Jérusalem.
     
    Ce fut une seconde fois en 1799, au cours de la campagne d'Egypte de Bonaparte. La ville était défendue par Djezzar Pacha, et  curieusement par un ancien condisciple de Bonaparte à l'école militaire de Brienne, Antoine de Phélippeaux, passé chez les Emigrés. La flotte anglaise de l'amiral Siège d'Acre.jpegSidney Smith appuyait les défenseurs. L'armée française fut obligée de lever le siège et fut décimée lors de multiples contre-attaques et surtout par la peste.
     
    Claude Bonard
     
    Sources : Larousse, Encyclopædia Universalis, Wikipedia
     
    Illustration : Google.com (d.r.) 

  • L'incroyable destinée de Jozef M. Bochenski

    Le 18 mai 1944 marqua la victoire des alliés à Monte Cassino au prix de très lourdes pertes. La route de Rome fut ouverte grâce notamment aux sacrifices des Polonais du général Anders, des Indiens et Néo-Zélandais du général Alexander, des Tunisiens et Marocains du corps expéditionnaire français du général Juin. Jozef Maria Bochenski (1902-1995), dominicain et philosophe participa à la bataille en tant qu'aumônier des troupes polonaises. Curieux destin que celui de moine-soldat qui avait déjà fait le coup de feu en combattant lors de la guerre polono-bolchévique de 1919-1920. Le jeune Jozef Maria Bochenski démobilisé embrassa ensuite une carrière académique. Il étudia le droit à l’université de Lwow puis l’économie politique à Poznan, (1920-1926). Ensuite c'est à Fribourg qu'il étudia la philosophie de 1928 à 1931, décrochant son doctorat. Il poursuivit ses études de 1931 à 1936 à Rome où il étudia la théologie. En septembre 1939 Jozef Marie Bochenski fut mobilisé en qualité d’aumônier militaire dans l'armée polonaise. Fait prisonnier, il n’accepta pas la défaite, s’évada et réussit à rejoindre la France, puis l’Angleterre. Il reprit du service comme aumônier militaire dans l’armée du Général Anders et participa à la campagne des alliés en Italie. Une fois la guerre terminée Jozef Maria Bochenski se consacra à nouveau à ses activités scientifiques et religieuses et revint à Fribourg où il se distingua tout particulièrement en tant que professeur de philosophie moderne et contemporaine de 1945 à 1972. Il fut Recteur de l'université de Fribourg de 1964 à 1966.
     
    Claude Bonard
     
    Sources : Dictionnaire historique de la Suisse et Wikipedia
     
    Photo : Alchetron (d.r.)Bochenski 1.jpeg