D'histoire en histoires - Page 4

  • Ghetto de Varsovie - histoire d'une photo, un livre à lire

    A propos de l'insurrection du Ghetto de Varsovie du 19 avril 1943, je recommande la lecture du livre paru en 2009  signé Frédéric ROUSSEAU intitulé  "L’Enfant juif de Varsovie : histoire d’une photographie", Paris, Le Seuil, coll.  "L’univers historique ".
     
    La photo dont il est question dans cet ouvrage a fait le tour du monde. Elle a été plus que toute autre exploitée, instrumentalisée, utilisée à tort et à travers, magnifiée souvent. Le personnage principal serait le petit Arthur Shimyontek Domb, âgé alors de huit ans qui aurait survécu à la tragédie. L'autre, sinistre "vedette" de la photo, le SS avec des lunettes de motard sur son casque et qui pointe son arme sur l'enfant s'appelle Josef Blösche, retrouvé après un parcours rocambolesque après la guerre, finalement jugé puis exécuté le 29 juillet 1969 à Leipzig.
     
    Sources et Références : · Frédéric ROUSSEAU, L’Enfant juif de Varsovie : histoire d’une photographie, Paris, Le Seuil,
    coll. « L’univers historique », 2009.
    https://www.lemonde.fr/livres/article/2009/01/08/l-enfant-juif-de-varsovie-histoire-d-une-photographie-de-frederic-rousseau_1139204_3260.htmlGhetto histoire d'une photo.jpeg

  • De la grande vadrouille à la vraie vie .. Benno Sterzenbach

    Dans "La Grande Vadrouille" récemment revue,  l'acteur allemand Benno Sterzenbach (1916-1985) campe le major Achbach, un officier de la Wehrmacht aussi buté que caricatural. aux savoureuses répliques en "français germanique", du style : "De moi vous osez vous foutez ! "
     
    Benno Sterzenbach campa aussi un inspecteur de la Gestapo plus vrai que nature dans "l'As des As" face à Jean-Paul Belmondo. qui lui donne la réplique :
    L'inspecteur à Belmondo alias Jo Cavalier : "Juif vous êtes ? Juif vous avez l'air..."
    Réponse de Jo Cavalier :
    "On met les adjectifs après le verbe. On ne dit pas "Juif vous avez l'air" mais "Vous avez l'air juif". Par exemple, si je vous dis "Con vous êtes", c'est juste, mais c'est pas français..."
     
    Pourtant, l'acteur allemand a lui-même subi les foudres de la Gestapo. Selon la notice Wikipedia qui lui est consacrée, en 1941, il fut suspecté d'espionnage à cause de ses relations éditoriales et arrêté par la Gestapo puis emprisonné durant un mois pendant lequel il n'aura de cesse de clamer son innocence. Il fut heureusement libéré faute de preuves après un procès expéditif.
    En revoyant ses films, il est bon de se souvenir du vécu de l'acteur qui savait de quoi il en retournait, n'ayant pas peur d'interpréter des rôles décrivant une période maléfique dont il avait personnellement souffert.Major Arbach.jpeg
     

  • Aujourd'hui l'Ukraine, hier Katyn

    C'est le 13 avril 1943 que les fosses attestant des massacres de Katyn furent découvertes. Un Genevois, le professeur François Naville (1883-1968) fut l'un des premiers témoins de ces horreurs en tant que médecin légiste. Rappel des faits : en avril 1943, les Allemands annoncent la découverte des charniers de Katyn, près de Smolensk, comportant les corps de plus de 4'500 officiers polonais prisonniers des Soviétiques depuis leur occupation de la partie orientale de la Pologne en automne. Plus de 15'000 militaires polonais ont été internés dans les camps de Kozielsk, d’Ostaszkow et Starobielsk avant d’être exécutés. Au total, 25'500 officiers, résistants et intellectuels furent massacrés sur ordre de Staline et du Politbureau, le décret ayant été signé le 5 mars 1940. La découverte des forêts de Katyn fut exploitée par la propagande nazie et fit l’effet d’une bombe médiatique. Le CICR ne souhaitant pas s’engager afin de conduire une commission d’experts, le professeur François Naville alors directeur de l’institut de médecine légale de l’université de Genève fut sollicité par le consulat d’Allemagne afin de prendre part à une commission d’experts destinée à identifier les victimes. Après plusieurs contacts avec le CICR et les autorités fédérales, le professeur Naville accepta finalement la mission à titre privé. Il fut le seul expert réellement neutre de la commission, composée de scientifiques ressortissants soit de pays alliés de l’Allemagne, soit de pays occupés par les Nazis. Très vite, François Naville eut l'intime conviction que les massacres avaient été perpétrés par les Soviétiques mais fut contraint dès son retour en Suisse de garder le silence, "Realpolitik oblige".
     
     
    Photo CB Musée de Katyn Varsovie
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  • Chez nous en 1799 lorsque les paysans résistaient face à l'envahisseur

    Le maréchal André Masséna est décédé le 4 avril 1817. Dix-huit ans plus tôt, général, il commandait l'armée française d'Helvétie. En 1799 la France, la Russie et l'Autriche s'affrontaient militairement dans les alpes suisses et grisonnes. Il y a eu notamment un soulèvement violent des paysans de la vallée de Disentis contre les Français. Cette lettre écrite par le capitaine français J. B. Favre au citoyen Mouclet demeurant à Souvigny, près et par Vaucouleur département de la Meuse, canton de Gouzincourt en témoigne:
     
    "Du camp de Schetun (Sedrun) le 26 prérial an 7 ( 14 juin 1799)
    Citoyen,
    Je viens de recevoir votre lettre par laquelle vous me demandé des nouvelles de votre frère Mouclet. Je suis bien fâché de vous annoncer de mauvaises nouvelles, mais je suis obligé de vous dire que malheureusement il a été assassiné dans le pays des Grisons par les païzants le 12 du présent. Se n 'est pas luy seulle mais c'est toutte ma compagnie. Les célérats, par ordre d'un Empereur donné au clergé, nous devions tous être égorgé. Ainssy de 120 hommes nous avons rechapé à 4. Voilà comme les despotes du roy travaillés, quant ils ne peuvent pas nous avoir par les armes, ils nous font assassiné par les païzants."
     
    "L'Empereur donné au clergé" auquel l'auteur de la lettre fait référence est l'Empereur d'Autriche dont l'armée du général baron Johann Konrad Friedrich von Hotze affronte Masséna dans les Grisons et encourage les patriotes dans leur lutte contre les Français.
     
    Claude Bonard 
     
    Sources 250px-Disentis_Kloster.jpeg:  Claude Bonard : https://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=rms-001%3A1985%3A130%3A%3A869
    https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/rha/rha128

  • Il  nous serait bien utile aujourd'hui !

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    Le 31 mars 1884 naissait Henri Queuille surnommé "le petit père Queuille". Médecin, originaire de la Corrèze, "rad soc", il fut plusieurs fois ministre sous la 3è République. Le 10 juillet 1940, au casino de Vichy, il fit partie de la minorité de députés qui refusa les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain puis se retira en Corrèze. À la Libération, sous la IVe République, très populaire, le « petit père Queuille » accéda quatre fois à la Présidence du Conseil. On lui doit ces sorties restées célèbres :
    “Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout.”
     
    Ou encore : “La politique, ce n'est pas de résoudre les problèmes, c'est de faire taire ceux qui les posent.”
     
    Ou encore mieux : “Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.”
     
    Brocardé, critiqué ou tourné en ridicule, son bon sens pourrait  néanmoins être si utile en Ukraine ... ou au Sahel ajujourd'hui  ...