D'histoire en histoires - Page 5

  • Léopol, Lemberg, Lwow, Lviv ... une cité au destin tragique et mouvementé

    Hier, des bombardements russes ont à nouveau frappé la la ville de Lviv à environ 70 km de la frontière polonaise. Lviv fut autrichienne sous le nom de Lemberg depuis le premier partage de la Pologne en 1772 jusqu'à la recréation d'une Pologne indépendante en 1918. La ville qui s'appelait alors Lwów tomba hélas dans l'escarcelle de l'URSS en 1939 en vertu de l'odieux pacte germano-soviétique. Vidée de sa population en 1945, elle resta soviétique puis devint ukrainienne en 1991.
     
    Du côté polonais de la frontière, à 400 km de Lviv se trouve la ville thermale de Zywiec connue pour ses sources et aussi sa célèbre bière. Sur les étiquettes des bouteilles d'eau minérale des sources de Zywiec, on trouvait encore jusqu'en 2016 le portrait de l'empereur d'Autriche François-Joseph 1er. Le design des étiquettes a été revu depuis lors et le mari de Sissi a été remplaçé par de vertes collines. Toute cette région qui se situe aujourd'hui de part et d'autre de la frontière entre la Pologne et l'Ukraine appartenait en 1914 au royaume royaume de Galicie et de Lodomérie faisant partie de l'empire des Habsbourg. Des Habsbourg qui n'ont pas laissé un trop mauvais souvenir en Pologne. La Galicie (en allemand, Galizien ; en polonais, Galicja) est une région historique polono-ukrainienne à ne pas la confondre avec la Galice, en Espagne. L’Empire austro-hongrois des Habsbourg fut la plus "douce" des trois puissances qui se sont partagés la Pologne de 1772 à 1918, la Russie, la Prusse et l'Autriche. tout en sachant qu'un occupant reste un occupant ...
    Il n'en reste pas moins  qu'une longue histoire commune lie  depuis des âges les populations des deux côtés de la frontière entre l'Ukraine et la Pologne. La mobilisation générale du côté polonais s'agissant de l'accueil des flots de réfugiés fuyant la guerre en témoigne.
     
    Claude Bonard
     
    Map_of_the_Kingdom_of_Galicia,_1914.jpg
    Carte du royaume royaume de Galicie et de Lodomérie en 1914 signée  Mariusz Paździora — Travail personnel, CC BY 3.0 (d.r.)

  • Joe Biden au Château royal de Varsovie. Un édifice hautement symbolique

    La Pologne est aujourd'hui la deuxième étape de la visite européenne du président  Joe Biden. Air Force One atterrit  à l'aéroport de Jasionka près de Rzeszów. Joe Biden sera ensuite à Varsovie, où il rencontrera demain le président de la République de Pologne avant de prononcer un discours dans la cour du Château Royal.

    Ce lieu est très symbolique puisque le Château royal fut  réduit en cendre par les bombardements de la Luftwaffe en  septembre 1939, les rares ruines restantes ayant ensuite  été "vitrifiées "  par les nazis au cours de combats de l'insurrection varsovienne du 1er août au 2 octobre 1944. Les archives inestimables et la bibliothèque du Château ont alors été totalement détruites. En 2014 j'ai modestement contribué à la reconstitution des collections en faisant don d'un Mémoire du comte Miaczynski au Roi de France. Miaczinski.jpegCe Mémoire fut publié à Paris en 1787. Il fut adressé par son auteur à Louis XVI. Il émanait d'un noble Polonais membre de la fronde de la noblesse dite de la Confédération de Bar contre le roi de Pologne, fronde soutenue par la France de Louis XVI. Ces nobles polonais protestaient ainsi contre la politique jugée trop favorable du roi de Pologne envers la Russie de la Grande Catherine. Louis XVI n'a jamais donné de réponse au pauvre comte Miaczynski qui, comme lui  a mal fini puisqu'à la Révolution, exilé à Paris, il a été arrêté puis guillotiné.

    Claude Bonard 

  • Lorsque les Russes guerroyaient en Suisse

    La Suisse fut le champ de bataille de l'Europe au cours de la deuxième coalition des  puissances européennes entre 1799 et 1802 pour abattre la France  républicaine. On a tendance à oublier aujourd'hui que Français, Russes et Autrichiens se sont affrontés en Suisse au Saint-Gothard, en Engadine et aussi à Zurich où Masséna fut victorieux les 25-26 septembre 1799 en battant l'armée russe du général Korsakov.

    La carte que je publie ici nous montre l'itinéraire du général russe Souvorov dans les alpes suisses en 1799. Avec le Service historique de notre armée nous avons refait en partie cet itinéraire à pied au prix de beaucoup de fatigue et de sueur du 11 au 13 septembre 1986 en franchissant le col du Chinzig pour rejoindre Muotathal. Une manière de ressentir ce que  fut le quotidien des soldats de Souvorov.

    Claude Bonard

    Carte : Carte : Eurotrek (d.r.)

    Sources : https://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=rms-001:1979:124::768

    https://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=rms-001%3A1999%3A144%3A%3A699

    https://blog.nationalmuseum.ch/fr/2018/05/general-souvorov-le-grand-stratege-et-les-alpes/

    Souvarov.jpeg

  • Quid d'une mission de maintien de la paix en Ukraine ?

    Lors du prochain Sommet de l'OTAN, la Pologne va formellement  remettre sur la table la proposition faite il y a quelques jours à Kiev par M.  Jaroslaw Kaczynski, leader du principal parti  de la coalition au pouvoir  à Varsovie (PIS)  et vice-président du Conseil des ministre  en charge de la sécurité nationale d'instaurer une mission de maintien de la paix en Ukraine  sous l'égide de l'OTAN. Une  idée généreuse  mais il y a un hic ... une mission de  "maintien de la paix" ne peut pas être à mon humble avis du ressort de l'OTAN qui est une alliance militaire défensive. Les opérations de maintien de la paix que l'on connaît  relèvent de l'ONU : Assemblée générale, Conseil de sécurité, Secrétariat général, Etats membres). A la rigueur, pourquoi ne pas  imaginer une mission de ce type sous l'égide de l'OSCE qui pourrait  ainsi déployer ses observateurs militaires dans le cadre de la protection de convois humanitaires. Je rêve peut-être ... On m'objectera  aussi que l'hypothèse "Casques bleus" est mort-née vu  l'incompréhensible  passivité onusienne sur la question ukrainienne  et le fait que les effectifs  des "casques bleus" sont en partie  composés de contingents  fournis par les pays membres de l'OTAN... Alors qui ? faut-il baisser les bras et ne rien faire ? Au moins  les autorités polonaises se démènent, tentent d'imaginer des pistes et d'ébaucher des solutions pour faire cesser le carnage en Ukraine et venir en aide aux populations sinistrées. Diplomatiquement parlant, je suis pourtant convaincu qu'avec de l'inventivité, de l'initiative et surtout de la volonté, cette piste devrait être creusée sinon ONU rimera bientôt avec SdN. 

    Casque bleu CB.png Où sont les propositions du Secrétaire général des Nations Unies ? Sonner l'alarme, mettre en garde ou "implorer au nom de l'humanité" ne suffit pas.
     
    Claude Bonard
     
    Source : https://notesfrompoland.com/2022/03/18/poland-to-call-for-peacekeeping-mission-in-ukraine-at-nato-summit/?fbclid=IwAR3_J2xTsIjp3YYWFxTnA94SGF8gZuw0XUq80Zlf_OOsSaN5qNOvAZAR_-I
  • 1919 Aide suisse à la Pologne - 2022 aide suisse à l'Ukraine via la Pologne

    La Suisse vient de livrer 25 tonnes de secours à la population ukrainienne démunie de tout alors que la guerre fait rage dans le pays depuis le 24 février, date du début de l'offensive russe. Ces secours sont acheminés en Ukraine  via Lublin en Pologne. La Suisse met aussi des trains et des wagons suisses à la disposition des autorités polonaises afin de renforcer l'infrastructure de transport des réfugiés ukrainiens.
     
    La Suisse était déjà présente en Europe centrale en 1919. Nos militaires assuraient alors la sécurité de convois de marchandises destiné à ravitailler le jeune Etat polonais qui manquait de tout. En recherchant des informations à ce sujet  sur le site internet de la Confédération, je suis tombé sur cette intéressante photo qui nous montre un groupe de soldats suisses à Varsovie en 1919 qui pose devant la fontaine monumentale du jardin de Saxe avec, un arrière plan, les colonnes du Palais de Saxe détruit après 1939 par les nazis et dont dont ne subsistent aujourd'hui que les trois arches abritant la tombe du soldat inconnu.
     
    On voit encore en arrière-plan l'énorme couvent orthodoxe que les russes avaient construit sur ce qui est aujourd'hui la place Pilsudski et qui sera détruit peu après.
     
    Claude Bonard
     
     
    Photo :
    Soldats suisses à Varsovie : eda.admin.ch (d.r.)
     
    Peut être une image de debout, monument et plein air